‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 247 sur 259 · Né en 1650, mort eu · texte numérisé non relu

Né en 1650, mort eu

Chaulieu était l'un des familiers du grand prieur de Vendôme, frère du grand homme de guerre, au Temple; ses pelifs vers étaient fort goûtés dans ceUc société sceptique et licencieuse.

EXTRAITS EN l'UOSE DE VOLTAIRE.

do la société. Vous jouissez de cet avantage; la meilleure compagnie se rend chez vous, et vous avez le plaisir de dire votre avis sur toutes les sottises cju'on fait et qu'on > imprime.

Je sens bien que cette consolation est médiocre ; rarement le dernier âge de la vie est-il bien agréable; on a toujours espéré assez vainement de jouir de la vie; et à la fin, tout ce qu'on peut faire c'est de la supporter. Soutenez ce fardeau, madame, faut que vous pourrez ; il n'y a que les grandes souffrances qui le rendent intolérable.

On a encore, en vieillissant, un grand plaisir qui n'est pas à négliger, c'est de compter les impertiments et les impertinentes qu'on a vus mourir, les ministres qu'on a vu renvoyer, et la foule de ridicules qui ont passé devant les yeux. Si de cinquante ouvrages nouveaux qui ])araissent tous les mois il y en a un de passable, on se le fait lire, et c'est encore un petit amusement. Tout cela n'est pas le ciel ouvert; mais enfin on n'a pas mieux, et c'est un parti forcé.

Pour M. le président Ilénaull, c'est tout autre chose; il rajeunit, il court le monde, il est gai, et il sera gai jusqu'à quatre-vingts ans, tandis que Moncrif ' et moi nous sommes probablement fort sérieux. Dieu donne ses grâces comme il lui plaît.

Avez-vons le plaisir de voir quelquefois M. d'Alembert-?

1. Moncrif, né en 1687, mort en 1770, appartenait, comme le président Oéuaull, à ia maison de la reine, où il occupait, depuis 173i, la fonction de lecteur. C'était un homme et un écrivain très frivole, qui faisait cependant diversion à ses chansons et à ses poésies légères par que"lqin:'S poésies chrétiennes.

Il était de IWcadémie française.

Voltaire, quand il habitait Paris, avait eu avec iloncrif des relations très suivies; mais il ne prit jamais au sérieux fauteur de VEsxai sur la tH'cessilé et les moyens de plaire, et de VHisloire des Chats.

2. D'Alemhert qui, jeune, avait été avec Formont l'ami jiréféré de

CORRESPONDANCE

très I

non seulement il a beaucoup d'esprit, mais il l'a décidé, et c'est beaucoup; car le monde est plein de gens d'esprit qui ne savent comment ils doivent penser.

Adieu, madame; songez, je vous prie, que vous me devez quelque respect; car si dans le royaume des aveugles les borgnes sont rois, je suis assurément plus que borgne: mais que ce respect ne diminue rien de vos bontés.

Il y a longtemps que je suis privé du bonheur de vous voir et de vous entendre; je mourrai probablement sans cette joie. Tâchons, en attendant, de jouer avec la vie; mais c'est ne jouer qu'ix coliu-niaillard'.

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