VIII. — BATAILLE DE STEINKERQUE
Ce fut alors' que se donna la bataille de Steinkerque-, célèbre par l'artifice et par la valeur. Un espion que le général français avait auprèsdu roi Guillaume est découvert. On le force, avant de le faire mourir, d'écrire un faux avis au maréchal de Luxembourg. Sur ce faux avis, Luxembourg prend, avec raison, des mesures qui le devaient faire battre. Son armée endormie est attaquée à la pointe du jour : une brigade est déjà mise en fuite, et le général le sait à peine. Sans un excès de diligence et de bravoure tout était perdu.
Ce n'était pas assez d'être un grand général, pour n'être pas mis en déroute : il fallait avoir des troupes aguerries, capables de se rallier; des officiers généraux assez habiles pour rétablir le désordr^^, et qui eussent la bonne volonté de le faire; car un seul officier supérieur qui eût voulu profiter de la confusion pour faire battre son général, le pouvait faire aisément sans se commettre.
Luxembourg était malade : circonstance funeste dans un moment qui demande une activité nouvelle (5 août 1G92) : le danger lui rendit ses forces : il fallait des prodiges pour n'être pas vaincu, et il en fit. Changer de terrain, donner un champ de bataille à son armée qui n'en avait point ; rétablir la droite tout en désordre, rallier trois fois ses
1. II vient d'ùlre question de la fvise de Namur, accomplie en huit jours sous les yeux de Louis XIV (juin lC9i).