In Bélus avait régné à Baliy
I loue, vingt siècles avaul uolreère.
de douze pieds de terre, et sur cette terre on avait élevé des forêts d'oliviers, d'orangers, de citronniers, de palmiers, de girofliers, de cocotiers, de canneliers, qui formaient des allées impénétrables aux rayons du soleil.
Les eaux de l'Euphrate, élevées par des pompes dans cent colonnes creusées, venaient dans ces jardins remplir de vastes bassins de marbre, et, retombant ensuite par d'autres canaux, allaient former dans le parc des cascades de six mille pieds de longueur, et cent mille jets d'eau dont la hauteur pouvait à peine être aperçue : elles retournaient ensuite dans l'Euphrate, dont elles étaient parties. Les jarilius de Sémiramis', qui étonnèrent l'Asie plusieurs siècles après, n'étaient qu'une faible unitalion de ces antiques merveilles; car, du temps de Sémiramis, tout commençait à dégénérer chez les hommes et chez les femmes.
Mais ce qu'il y avait de plus admirable à Babylone, ce qui éclipsait tout le reste, était la fille unique du roi. nommée Formosanle. Aussi Bélus était plus fier de sa tille que de son royaume. Elle avait dix-huit ans : il lui fallait un époux digne d'elle; mais où le trouver'? Un ancien oracle avait ordonné que Formosante ne pourrait appartenir qu'à celui qui tendrait l'arc de Nembrod. CeNembrod, le fort chasseur devant le Seigneur-, avait laissé un arc de sept pieds babylouiques de haut, d'un bois d'ébène plus dur que le fer du mont Caucase, qu'on travaille dans les forges de Derbenl^; et nul mortel, depuis Nembrod, n'avait pu bander cet arc merveilleux.
Il était dit encore que le bras qui aurait tendu cet arc tuerait le lion le plus terrible et le plus dangereux qui serait lâché dans le cirque de Babylone. Ce n'était pas tout : le
1. Les fameux jardins suspeiuliis. 1 3. Ville du Caucase, fondée ii une