VI. — MONARCHIE ET REPUBLIQUE
Un membre du conseil de Pondichéry', assez savant, revenait en Enrope par terre avec un brame, plus instruit que les brames ordinaires. « Comment trouvez-vous le gouvernement du Grand-Mogol-? dit le conseiller. — Abominable, répondit le brame. Comment voulez-vous qu'un Élal soit heureusement gouverné par des Tartares^? Nos raïas. nos omras, nos nababs*, sont fort contents, mais les ciloyens ne le sont guère, et des millions de citoyens sont quelque chose. »
Le conseiller et le brame traversèrent en raisonnant toute la haute Asie. « Je fais une réflexion, dit le brame; c'est qu'il n'y a pas une république dans toute cette vaste partie du monde. — Il y a eu autrefois celle de Tyr, dit le conseiller, mais elle n'a pas duré longtemps.
— Je conçois, dit le brame, qu'on ne doit trouver sur la terre que très peu de républiques. Les hommes sont rarement dignes de se gouverner eux-mêmes. Ce bonheur ne doit appartenir qu'à des petits peuples qui se cachent dans les îles, ou entre les montagnes, comme des lapins qui se