Par Guiirini ; Irugcdie pasto
rale, qui fit la vogue de ee genre dans la première moitié du dix-septième siècle.
Ne se trompe-t-on pas quand on dit que c'est un malheur d'avoir le goût trop délicat, d'être trop connaisseur; qu'alors on est trop choqué des défauts, et trop sensible auj beautés; qu'enfin ou perd à être trop difficile? N'est-il pas vrai, au contraire, qu'il n'y a véritablement de plaisir que pour les gens de goût? ils voient, ils entendent, ils senteiit ce qui échappe aux hommes moins sensiblement organisés et moins exercés.
Le connaisseur en musique, en peinture, en architecture, en poésie, en médailles, etc., éprouve des sensations que le vulgaire ne soupçonne pas; le plaisir même de découvrir une faute le flatte, et lui fait sentir les beautés plus vivement. C'est l'avantage des bonnes vues sur les mauvaises. L'homme de goût a d'autres yeux, d'autres oreilles; un autre tact que l'homme grossier. Il est choqué des draperies mesquines de Raphaël, mais il admire la noble correction de son dessin. Il a le plaisir d'apercevoir que les enfants de Laocoon n'ont nulle proportion avec la taille de leur père*; mais tout le groupe le fait frissonner, tandis que d'autres spectateurs sont tranquilles.
Le célèbre sculpteur'^, homme de lettres et de génie, qui a fait la statue colossale de Pierre I" à Pétersbourg, critique avec raison l'attitude du Moïse de Michel-Ange, et sa petite veste serrée qui n'est pas même le costume oriental ; en même temps il s'extasie en contemplant l'air de tête^.
Exemples du bon et du mauvais (joûl tirés des tragédies françaises et anglaises. — De tous les auteurs qui ont écrit
1. Dansle groupe aiitiquedu Valicaii qui a servi de sujet au fameux ouvrage de Lessing, et qui, d'ailleurs, est d'une basse époque.