Faifonet
ô. L'air de lète, l'allitude, tout fait de celte statue une œuvre iiiiposanlc.
eu Angleterre sur le goût, sur l'esprit et l'imagination, et qui ont prétendu à une critique judicieuse, Addison est celui qui a le plus d'autorité : ses ouvrages sont très utiles. On' a désiré seulement qu'il n'eût pas trop souvent sacrifié son propre goût au désir de plaire à son parti, et de procurer un prompt débit aux feuilles du Spectateur qu'il composai! avec Steele.
Cependant il a souvent le courage de donner la préférence au théâtre de Paris sur celui de Londres; il fait sentir les défauts de la scène anglaise; et, quand il écrivit son Caton, il se donna bien de garde d'imiter le style de Shakspeare. S'il avait su traiter les passions, si la chaleiu' de son âme eût répondu à la dignité de son style, il aurait réformé sa nation. Sa pièce, étant une affaire de parti*, eut un succès prodigieux. Mais quand les factions furent éteintes, il ne resta à la tragédie de Caton que de très beaux vers et de la froideur. Rien n'a plus contribué à l'affermissement de l'empire de Shakspeare. Le vulgaire en aucun pays ne se connaît en beaux vers; et le vulgaire anglais aime mieux des princes qui se disent des injures, des femmes qui se roulent sur la scène, des assassinats, des exécutions criminelles, des revenants qui remplissent les théâtres en foule, des sorciers, que l'éloquence la plus noble et la plus sage.
Le grand reproche que tous les critiques anglais nous font, c'est que tous nos héros sont des Français *, des personnages de roman, des amants tels qu'on en trouve dans Clélie, dans Astrée, et dans Zaide. L'auteur des Élément}, de critique^ reprend surtout et très sévèrement Corneille d'avoir l'ait parler ainsi César à Cléopâtre :
i. Elle est pleine du souffle libéral qui animait le parti îles Whùis.
i. Voltaire, dans le Temple du
Guût. fait procisénient ce reproche aux Irtos de Racine.