FABLE
nature force à se venger eux-mêmes, et dont les troncs pourris exhalent de quoi faire la guerre au reste des vivants, et la déroute orgueilleuse de Pompée, qui croit que lÉgj-pte, en dépit de la guerre, ayant sauvé le ciel, pourra sauver la terre, et pourra prêter l'épaule au monde chancelant. »
Ce n'est point ainsi que Racine fait parler Mithridade dune bataille dont il sort :
Je suis vaincu : Pompée a saisi l'avantage D'une nuit qui laissait peu de place au courage. Mes soldats presque nus. dans l'ombre intimidés, Les rangs de toutes parts mal pris et mal gardés, Le désordre partout redoublant les alarmes, Nous-mêmes contre nous tournant nos propres armes, Les cris que les rochers renvoyaient plus atfreus, Enfin toute l'horreur d'un combat ténébreux. : Que pouvait la valeur dans ce trouble funeste? Les uns sont morts, la fuite a sauvé tout le reste; Et je ne dois la vie, en ce ;ommun effroi, Qu'au bruit de mon trépas que je laisse après moi.
C'est là parler en homme. Le roi Ptolémée n'a parlé qu'en poète ampoulé et ridicule.
L'exagération s'est réfugiée dans les oraisons funèbres ; on s'attend toujours à l'y trouver, on ne regarde jamais ces pièces d'éloquence que comme des déclamations : c'est donc un grand mérite dans Bossuet d'avoir su attendrir et émouvoir dans un genre qui semble fait pour ennuyer.
{Dict. phil.)