‹ Extraits en prose, philosophie, histoire, littérature, mélangesChapitre 124 sur 207 · Voir la note à la 6n de cet extrait · texte numérisé non relu

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t. « La pâle mort frappe indilTéremment du pied à la cabane du pauvre et au» châteaux fortiûés des rois. 0 fortuné Sextus... »

Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N'en défend pas nos rois.

Je fus obligé de faire voir à ce jeune homme pourquoi les vers de Malherbe l'emportent sur ceux de Racan.

En voici les raisons : 1° Malherbe commence par une image sensible,

Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre;

et Racan commence par des mots communs qui ne font point d'image, qui ne peignent rien.

Les lois de la mort soi^t fatales: nos jours sont sujets aux Parques. Termes vagues, diction impropre, vice de langage ; rien n'est plus faible que ces vers.

2° Les expressions de Malherbe embellissent les choses les plus basses. Cabane est agréable et du beau style, et taudis est une expression du peuple.

3° Les vers de Malherbe sont plus harmonieux ; et j'oserais même les préférer à ceux d'Horace, s'il est permis de préférer une copie à un original. Je défendrais en cela mon opinion en faisant remarquer que Malherbe finit sa stance par une image pompeuse, et qu'Horace laisse peut-être tomber la sienne avec 0 béate Sexti. Mais en accordant cette petite supériorité à un vers de Malherbe, j'étais bien éloigné de comparer l'auteur à Horace ; je sais trop la distance infinie qui est de l'un à l'autre. Un peintre flamand peut peindre un arbre aussi bien que Raphaël. Il ne sera pas pour cela égal à Raphaël.

[Connaissance des beautés et des défauts de la 2')oésie et de l'éloquence dans la langue française. — Préface.) ♦

1. Voltaire, comme il l'a fait souvent, par plaisir, malice, dédain, prudence ou nécessité, n"a pas signé l'opuacule d'où est tiré ce passage, ainsi que les suivants. Mais les lettrés ne s'y trompent pas. Leuchot n'a pas hésité à les publier, et il suffit do connaître un peu les goûts de Voltaire en littérature, et ses procédés d'auteur, pour reconnaître dans ces pages ses idées, ses citations favorites, ses allusions habituelles, et surtout son style et sa langue inimitable.

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