CULTURE DES ARTS (SA PASSION POUR LA
Pour nous autres hommes, c'est souvent par vanité, quelquefois par intérêt, que nous consumons notre vie dans la culture des arts. Nous en faisons les instruments de notre fortune : c'est une sorte de profanation. Je suis fâché qu'Horace dise de lui :
L'indigence est le dieu qui m'inspira des vers'.
La rouille de l'envie, l'artifice des intrigues, le poison de lacalomnie, l'assassinat delà satire(si j'ose m'exprimer ainsi), déshonorent, parmi les hommes, une profession qui par ellemême a quelque chose de divin.
Pour moi, madame, qu'un penchant invinciiile a déterminé aux arts dès mon enfance, je me suis dit de bonne heure ces paroles que je vous ai souvent répétées, de Cicéron, ce consul romain qui fut le père de la patrie, de la liberté, et de l'éloquence : « Les lettres forment la jeunesse, et font les charmes de l'âge avancé. La prospérité en est plus brillante; l'adversité en reçoit des consolations; et dans nos maisons, dans celles des autres, dans les voyages, dans la solitude, en tout temps, en tous lieux, elles font la douceur de notre vie^. »
Je les ai toujours aimées pour elles-mêmes ; mais à présent madame, je les cultive pour vous, pour mériter, s'il est pos-