X AVERTISSEMENT
La démonstration de la divinité par Voltaire n'est autre que celle de Gicéron et de Fénelon; sa peinture du naisérable état de l'hoinme qui vient au monde semble empruntée à Lucrèce, à Pline, à Juvénal.
Si nous entrons dans l'histoire, le portrait des Normands, nos pèi-es 1, rappelle celui des premiers Grecs fait par Thucydide.
Dans des temps plus rapprochés, le récit de la défaite de Charles XII , à Pultava, rappelle une page de Quinte-Curce sur Darius, que sou armée a perdu et cherche : sed regem fuga longe ahstulerat; ou nous fait relire avec douleur le récit de la retraite de Moscou dans XHistoire du Consulat et de l'Empire.
Un mot sur Turenne qui « croyait n'avoir rien fait tant qu'il lui restait quelque chose à faire », reporte à un vers de Lucain sur César :
Nil actum reputans si quid superesset agendum.
La bataille de Rocroi , la mort de Turenne : autres rapprochements avec Bossuet, avec Madame de Sévigné, Fléchicr; et, à tout instant, d'autres rapprochements s'offrent d'eux-mêmes, éclairent, ornent et élargissent l'esprit du lecteur.
C'est surtout avec le temps actuel que ces rapprochements sont intéressants, instructifs et nécessaires. L'étude de l'Antiquité, des auteurs anciens et modernes, n'est profitable qu'à cette condition : c'est ainsi seulement que l'homme moderne s'enrichit et se fortifie de l'expérience et des lumières des temps passés, et devient cet homme qu'a décrit Pascal, qui, vivant depuis le commencemeut de la création du monde, serait arrivé jusqu'à nos jours en recueillant de siècle en siècle les connaissances, Iji science, l'expérience et la sagesse de tous les âges précédents.
Ces grands génies ne sont qualifiés de grands que parce qu'ils ont pai'lé non seulement pour leur époque et pour leurs contemporains, mais pour tous les temps et pour tous les hommes, dont ils sont comme les coutcmporaius éternels. Leurs écrits semblent toujours nés d'hier et d'aujourd'hui, tant ils sont pleins d'actualités, d'allusions faciles à faire, de prédictions qui se réalisent