‹ Extraits en prose, philosophie, histoire, littérature, mélangesChapitre 4 sur 207 · Pasre · texte numérisé non relu

Pasre

AVERTISSEMENT xi

sous nos yeux, et qui consoleut et enseignent la résignation dans les mauvais jours.

Voyez plutôt si les Parisiens tels que nous les montre Voltaire •, ne sont pas ceux d'aujourd'hui ; voyez si la nation française - n'est pas toujours la même; voyez si notre précipitation à imiter aveuglément le vainqueur après nos défaites, si nos remaniements incessants à chaque revue, avec chaque ministre, ne sont pas toujours ceux qu'il raille.

Il nous dira encore « qu'un français cjui n'est pas gai n'est pas dans son élément ».

Il mettra à nu 3 tout le secret de la grande politique de tous les temps; il nous donnera* les bonnes raisons qu'allègue toujours un vainqueur puissant pour attaquer sans motif et en pleine paix le peuple voisin qui se relève.

Et qui ne notera aussi, au passage ^, son opinion sur les républiques civilisées, sur les États modernes, sur la meilleure forme de gouvernement?

« On demande tous les jours si un gouvernement républicain est préférable à celui d'un roi. — La dispute finit toujours par convenir qu'il est fort difficile de gouverner les hommes^. «

« Dans quel État, sous quelle domination aimeriez-vous mieux vivre? dit le conseiller. — Partout ailleurs que chez moi, dit son compagnon ; et j'ai trouvé beaucoup de Siamois, de Tunquinois, de Persans et de Turcs qui en disaient autant. — Mais, encore une fois, dit l'Européen, quel État choisiriezvous? » Le brame répondit : « Celui où l'on n'obéit qu'aux lois. — C'est une vieille réponse, dit le conseiller. — Elle n'en est pas plus mauvaise, dit le brame. — Où est ce pays-

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