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AUX BORDS DE L'EUROTAS

Je descendis de la citadelle, et je marchai pendant un quart d'heure pour -arriver à l'Eurotas. Je le vis à peu ])rès tel que je l'avais passé deux lieues plus haut sans le connaître : il peut avoir devant Sparte la largeur de la Marne au-dessus de Charenton. Son lit, presque desséché en été, présente une grève semée de petits cailloux, plantée de roseaux et de lauriers-roses, et sur lesquels coulent quelques filets d'une eau fraîche et limpide. Cette eau me parut excellente, j'en bus abondamment, car je mourais de soif. Ll'Eurotas mérite certainement répithèle de xaXÀioôvai, aux beaux roseaux. (jue lui a donnée Euripide; mais je ne sais s'il doit garder celle d'Olorifcr, car je n'ai point aperçu de cygnes dans ses eaux. Je suivis son cours, espérant rencontrer ces oiseaux qui, selon Platon, ont avant d'expirer une vue de l'Olympe, et c'est pourquoi leur dernier (liant est si mélodieux : mes recherches furent inutiles. Appai'cmment que je n'ai pas, rommc Horace, la faveur de> Tyndarides, et qu'ils n'ont pas voulu me lais.:Cipénétrer le secret de leur berceau-.

Après le souper Joseph apporta ma selle, qui me servait ordinairement d'oreiller; je m'enveloppai dans mon manteau, et je me couchai au bord de l'Eurotas, sous

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