De joindre le beau au liien
2. Les Tyndarides, Castor et PoUux, étaient llls de Léda, qui les avait eus de Jupiter métamorphosé en cygne.
ITINÉRAIliE DE P.UUS A JÉRUSALEM. 107
lin laiiner. La nuit était si piii'c et si sereine, que la voie laclée formait comme une aube réfléchie par l'eau (lu fleuve, et à la clarté de laquelle on aurait pu lire. Je urendormis les yeux attachés au ciel, ayant précisément au-dessus de ma tête la belle constellation du Cygne de Léda. Je me rappelle encore le plaisir que j'éprou\'ais autrefois à me reposer ainsi dans les bois de l'Amérique, et surtout à me réveiller au milieu de la nuit. J'écoutais le bruit du vent dans la solitude, le bramement des daims et des cerfs, le mugissement d'une cataracte éloignée, tandis que mon bûcher, k demi éteint, rougissait en dessous le feuillage des arbres. J'aimais jusqu'à la voix de riroquois lorsqu'il élevait un cri du sein des forêts, et qu'à la clarté des étoiles, dans le silence de la nature, il semblait proclamer sa liberté sans bornes. Tout cela plaît à vingt ans, parce que la vie se suffit pour ainsi dire à elle-même, et qu'il y a dans la première jeunesse quelque chose d'inquiet et de vague qui nous porte incessamment aux chimères, ipsi sibi somnia fingunt^: iiiai> dans un âge plus mûr, l'esprit levient à des goûts plus solides : il veut surtout se nourrir des souvenirs et des exemples de l'histoire. Je dormirais encore volontiers au bord de l'Eurotas ou du Jourdain, si les ombres héroïques des trois cents Spailiates ou les douze fils de Jacob devaient visiter mon sommeil; mais je n'irai plus chercher une terre nou- \idlo qui n'a point été déchirée par le soc de la charrue; il me faut à présent de vieux déserts qui me rendent à volonté les murs de Babylone ou les légions de Pharsale, grancUa ossa.'^ des champs dont les sillons m'instruisent, et où je retrouve, homme que je suis, le sang, les larmes et les sueurs de l'homme 3.