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ATHENES

Enfin, le grand jour de noire entrée à Athènes se leva. Le 23 (août 1806), à trois heures du matin, nous étions tous à cheval; nous coniniençànies à défiler en silence par la voie Sacrée : je puis assurer que Tinitié le plus dévot à Cérès n'a jamais éprouvé un transport aussi vif que le mien. Nous avions mis nos beaux habits pour la fête; le janissaire avait retourne son turban, el, par extraordinaire, on avait frotté et pansé les chevaux. Nous traveisàmcs le lit d'un torrent appelé Saranta- Pofaino ou les Quarante Fleuves, probablement le (léphise Éleusinien; nous vîmes quelques débris d'églises chrétiennes; ils doivent occuper la place du tombeau de ce Zarex qu'Apollon lui-même avait instruit dans Tart des chants. D'autres ruines nous annoncèrent les monuments d'Eumolpe cl d'Hippothoon; nous trouvâmes les rhili ou les courants d'eau salée : c'était lii que, pendant les fêles d'Eleusis, les gens du peuple insultaient les passants, en mémoire des injures qu'une vieille femme avait dites auli'efuis h Cérés'. De là |iassanl au foml, on au poini exlrénie du canal île Sala-

li;iri-f.s dans le Voyayi> à Sparte (Jincii, l'JOO, lIi.i|i. xiv-\vi;, et dr celles aussi tie M. Louis Bertrand dans sa Grèce du soleil el des paysages (Fasqiiplle, 1908) : voyez notamnienl le chapitre intitulé: Le 18 août 1806. J'y noie cette très juste délinition de Clialeaubriand descriptif:» Chateaubriand, lui, est un descriptif de l'ordre intellectuel. Son œil. en même temps qu'il voit, élimine et compose, ne retient des objets sensibles que la matière d'une idée, et, si son être vibre tout entier au contact des choses, cet émoi lyrique s'achève toujours en contemplation. Son objet propre, c'est ce qui ne passe point, le résidu de la sensation qui demeure toujours vrai pour la pensée, — la face éternelle des paysages. » (P. 201.)

1. C'était quand Cérès, réduite par son désospoirà une apparence qui ne laissait plus rien subsister en elle du caractère de sa divinité, rechenhail les tiaie> de >a tille Froserpine, enlevée par Pliilon.

ITlNEr.AIUE 1)L l'AUlS A JLHl SAl.t.M. l'i'J

iiiiiir. nous nous engageâmes dan» le défilé (|uc l'oinicnl le mont Parnès et le mont .Egalée : cette partie de la voie Sacrée s'appelait le Mystique. Nous aperçûmes le monastère de Daphné, bâti sur les débris du temple dApollon, et dont l'église est une des plus anciennes de lAf tique. Un peu plus loin, nous remarquâmes quelques restes du temple de Vénus.

Enfin, le défilé commence à s'élargir: nous tournons iiiilour du mont Pœcile, placé au milieu du chemin, l'iimme pour masquer le tableau : et tout à coup nou-< découvrons la plaine d'Athènes.

Les voyageurs qui visitent la ville de Cécrops arrivent oïdinairement par le Pirée ou parla route de Négrepont. Ils perdent alors une partie du spectacle, car on n'apert^oit que la citadelle quand on vient de la mer: et l'Anchcsme coupe la perspective quand on descend de lEubée. Mon étoile m'avait amené par le véritable chemin' pour voir Athènes ilans toute sa gloire.

La première chose qui frappa mes yeux, ce lui la eil.idi lie éclairée du soleil levant : elle était juste en face di' mni. de l'autre côté de la plaine, et semblait appuyée -ui le iimiii Hymette, qui faisait le fond du tableau. Elle |iii''senlait. dans un assemblage confus, les chapiteaux lies l'ropylécs. les colonnes du Parihénon et du temple d'Erechtliée, les embrasures d'une muraille chargée île canons, les débris gothiques des chrétiens, et les masures des musulmans-.

Deux petites collines, l'Anchesme et le Musée, s'élevaient au nord et au midi de r.\cropolis. Entre ces deux

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