RUINES D'ALEXANDRIE
Si j"avais été enchanté de l'Egypte, Alexandrie me sembla le lieu le plus triste et le plus désolé de la terre. Du haut de la terrasse de la maison du consul, je n'apercevais qu'une mer nue qui se brisait sur des côtes basses encores plus nues, des ports presque vides, et le désert libyque s'enfonçant à l'horizon du midi : ce désert semblait, pour ainsi dire, accroître et prolonger la surface jaune et aplatie des flots : on aurait cru voir une seule mer, dont une moitié était agitée et bruyante, et dont l'autre moitié était immobile et silencieuse. Partout la nouvelle Alexandrie mêlant ses ruines aux ruines do l'ancienne cité; un Arabe galopant sur un âne au milieu des débris; quelques chiens maigres dévorant dos carca>:;ses de chameaux sur la grève; les pavillon'^ des consuls européens flottant au-dessus de leurs demeures, et déployant, au milieu des tombeaux, des couleurs ennemies : tel était le spectacle.
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