Meie d'Kiidore
'236 CHATEAIBRIAND.
liréccdée de Cyrille', des prêtres, des veuves et des diaconesses ; le chœur des vierges l'attendait à la porte. Quand elle parut, la foule qu'attirait cette cérémonie poussa un cri d'admiration. Les païens disaient :
« C'est la fille de TjTidare, couronnée des fleurs du plataniste, et prête à passer dans le lit de Ménélas! C'est Vénus, lorsqu'elle eut jeté des bracelets dans l'Eurolas, et qu'elle se montra à Lycurgue sous les traits de Minerve! »
Les chrétiens s'écriaient :
« C'est une nouvelle Eve! c'est l'épouse du jeune Tobie! c'est la chaste Suzanne ! c'est Estherl »
Ce nom d'Esther, donné par la voi.x du peuple fidèle, devint aussitôt le nom chrétien de Cymodocée.
Près du Lesché, et non loin des tombeaux des rois Agides, les chrétiens de Sparte avaient bâti une église. Éloignée du bruit et de la foule, environnée de cours et de jardins, elle était séparée de tout monument profane. ,\près avoir passé un péristyle décoré de fontaines où les fidèles se purifiaient avant la prière, on trouvait trois portes qui conduisaient à la basilique. Au fond de l'église, à l'orient, on apercevait l'autel, et derrière l'autel, le sanctuaire. Cet autel d'or massif, eni'ichi de pierreries, couvrait le corps d'un martyr; quatre rideaux d'une étoffe précieuse l'environnaient. Une colombe d'ivoire, image de l'Esprit-Saint, était suspendue au-dessus de l'autel, et protégeait de ses ailes le tabernacle. Les murs étaient décorés de tableaux qui représentaient des sujets tirés de l'Écriture. Le baptistère s'élevait isolé à la porte de l'église, et faisait soupirer l'impatient catéchumène.
Cymodocée s'avance vers les saints portiques. Un contraste étonnant se faisait remarquer de toutes parts : les filles de Lacédémone, encore attachées à leurs dieux,