L'HOSPITALITÉ CHEZ LES SAUVAGES
l.'lin>|iilalili'' fsl la dcrnièrr vi'i'tii sauvage ([ui >oit restée aux Indiens au milieu des vices de la civilisation européenne. On sait quelle était autrefois cette hospitalité : une fois reçu dans une cabane, on devenait inviolable ; le foyer avait la puissance de l'autel ; il vous l'i-ndait sacré. Le maître de ce foyer se fût fait tuer avant (}u'on touchât à un seul cheveu de votre tète. —- l^ôrsqu'une tribu chassée de ses bois, ou lorsqu'un homme venait demander l'hospitalité, l'étranger com-
I. Tuiit à l'IiL'urc Cbaleaiibri.ind rivalisjiit avec lioiisseaii : ici, cVstavcc Ijuirmi. On n'a pas assez dit tuut ce qu'il iloit à Tautenr de Vllisloire mturi'Uc.
Il CilATKAlIilUAND.
incnruil c (lu'on apjx'Iail la ilansc du suppliant. Cette ilanso s'ext''('iilait ainsi :
Le suppliant avançait quelques pas, puis s'arrêtait en regardant le supplié, il reculait ensuite jusqu'à sa première position. Alors Ifs hôtes entonnaient le chant de l'étranger : « Voici l'étranger, voici l'envoyé du Grand « Esprit. » Après le chant, un enfant allait prendre la main de l'étranger pour le conduire à la cabane. Lorsque l'enfant touchait le seuil de la porte, il disait : « Voici « l'étranger! » et le chef de la cabane répondait : « Ente fanl, introduis l'homme dans ma cabane. » L'étranger entrant aloi's sous la protection de l'enfant, allait, comme l'Iiez les Grecs, s'asseoir sur la cendre du foyer. On lui présentait le calumet 'de paix; il fumait trois fois, et les femmes disaient le chant de la consolation : « L'étran- <( ger a retrouvé une mère et une femme : le soleil se « lèvera et se couchera pour lui conune auparavant. »
On remplissait d'eau d'érable une coupe consacrée : c'était une calebasse ou un vase de pierre qui reposait ordinairement dans le coin de la cheminée, et sur lequel on mettait une couronne de tleurs. L'étranger buvait la moitié de l'eau, et passait la coupe à son hôte, qui achevait de la vider.