NÉCESSITÉ D'UNE RÉNOVATION DU GENRE HISTORIQUE
Les sociétés anciennes périssent : de leurs ruines sortent des sociétés nouvelles : lois, mœurs, usages, coutumes, opinions, principes mêmes, tout est changé. Une grande révolution est accomplie, une plus grande révolution se prépare : la France doit reconijjoser ses annales, pour les mettre en rapport avec les progi'ès de l'intelligence. Dans cette nécessité d'une reconstruction sur un nouveau plan, où faut-il chercher des matériaux? Quels senties travau.x exécutés avant notre temps? Qu'y a-l-il à louer ou à blâmer dans les écrivains de l'Ancienne école historique? la Nouvelle école doit-elle être entièrement suivie, et quels sont les auteurs les plus remarquables de cette école? Tout est-il vrai dans les théories religieuses, jjhilosophiques et politiques du moment? Voilà ce (lue je mo propose d'examiner dans celte prélace. Je travaillais depuis bien des années à une histoire de France, dont ces Études ne présenteront que l'exposition, les vues générales et les débris. Ma vie manque à mon ouvrage ; sur la route oii le tenqjs m'arrête, je montre de la main aux jeunes voyageurs les pierres que j'avais entassées, le sol et le site où je voulais bàlir mon édifice.