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AUGUSTIN THIERRY ET GUIZOT

Les Lettres de M. Thierry sur rilisloirr de France., ouvi'age excellent, rendent à un tem|is défiguré par notre ancienne école son véritable caractère. M. Thierry, comme tous les hommes doués de conscience, d'un

1. Ne croir.iit-on pa-; lire ici une discussion et uni' l'i-fiilntion de* théories de Taine?

'20i CHATEAUBIUANIt.

talent vrai et progressif, a corrigé ce qui lui a pai'u douteux dans les premières éditions de sa belle et savante Histoire de la Conquête de V Angleterre^ et dans ses Lettres sur VHistoire de France. Quelques-unes de ces opinions se sont modifiées, l'expérience est venue réviser des jugements un peu absolus. On ne saurait trop déplorer l'excès de travail qui a privé M. Thierry de la vue. Espérons qu'il didera longtemps à ses amis, pour ses admirateurs (au nondjre desquels je demande la ]iremière place'), les pages de nos annales : l'histoire aura son Homère comme la |»oésie. Je retrouverai encore l'occasion de parler de M. Thierry dans celte Préface, de même que j'ai été heureux de le citer, et de m'appuyer de son autorité dans ces Études historiques.

Le cours d'histoire de M. Guizol, en ce qui concerne la seconde race, est d'un haut mérite. On peut ne pas convenir, avec le docte professeur, de quelques détails; mais il a aperçu, avec une raison éclairée, les causes générales de la décomposition et de la recomposition de l'ordre social aux viii" et ix° siècles. 11 a aussi de curieuses leçons sur la littérature civile et religieuse, et une foule de choses justes, bien observées, et écrites avec impartialité.

1. Chateaubriand a toujours témoigné la plus grande sympathie à Augustin Thierry, qu'il appelle dans la Vie de Bancé « notre maître à liais ». J'ai vu un exemplaire des Etudes historiques, avec la dédicace autographe suivante : A M. Augustin Thierry, hommage d'un vieu.r disciple à unjeiine maître.

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