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DE MAISTRE ET LAMENNAIS. — L'AVENIR DU CHRISTIANISME

... On Yuil |i;ir ccl o.\|iosé ooniinont iiios idées sur lo ( ilirislianisiuo (lifYèfonl do colles do M. le comte de Maisl ro el de celles do M. Tabbé de Lamennais : lo lii'omicr veut réduire les peuples à une commune servitude, ello-mème dominée par une théocratie; le second me sond)le a]»peler les peuples (sauf erreur de ma part) à une indépendance générale sous la même ilomination théocratique. Ainsi que mon illustre compa- Iriote, je demande l'affranchissement des hommes; je demande encore, ainsi qu'il le fait, l'émancipation du clergé, on le verra dans ces Etudes; mais je ne crois |ias que la Papauté doive être une espèce de pouvoir dictatorial planant sur de l\itures républiques. Selon moi, le (Jhrislianisme devint politique au moyen âge par une nécessité rigoureuse : quand les nations eurent perdu leurs droits, la religion, qui seule alors était éclairée et puissante, en devint la dépositaire. Aujourd'hui que les peuples les reprennent, ces droits, la Papauté abdiquera naturellement les fonctions tempolelles, résignera la tutelle de son grand pupille arrivé à l'âge de majorité. Déposant l'autorité politique dont il fut justement investi dans les jours d'oppression et de barbarie, le clergé rentrera dans les voies de la primitive Eglise, alors qu'il avait à combattre la fausse religion, la fausse morale et les fausses doctrines philosojihiques. Je ]iense que l'âge politique du ChrisLianisnio tinit; (pie son âge philosophique commence; que la Papauté ne sera plus que la source pure où se conservera le principe de la foi prise dans le sens le plus rationnel el le plus étendu. L'unité catholique sera

-im CHATEAUDRIANn.

personnifiée dans un chef vénérable, représentant luimême le Christ, c'est-à-dire les vérités de la naluie do Dieu et de la nature de l'homme. Que le Souverain Pontife soit à jamais le conservateur de ces vérités auprès des reliques de saint Pierre et de saint Paul! I.aissons, dans la Home chrétienne, tout un peuple tomber à genoux sous la main d'un vieillard. Y a-t-il rien qui aille mieux à l'air de tant de ruines? En quoi cela pourrait-il déplaire à notre philosophie? Le pape csl le seul prince qui bénisse ses sujets.

La vérité religieuse ne s'anéantira point, parce qu'aucune vérité ne se perd; mais elle ])eut être défigurée, abandonnée, niée dans cei-tains moments de sophisme et d'orgueil par ceux qui, ne croyant plus au Fils do l'Homme, sont les enfants ingrats de la nouvelle synagogue. Or, je ne sache rien de plus beau qu'une institution consacrée à la garde de cette vérité d'espérance oii les âmes se jieuvcnt venir désaltérer comme à la fontaine d'eau vive dont parle Isaïe. Les antipathies entre les diverses communions n'existent plus; les enfants du Christ, de quehpie lignée qu'ils proviennent, se .sont serrés au pied du Calvaire, souche naturelle de la famille. Les désordres et l'ambition de la cour romaine ont cessé; il n'est plus resté au Vatican que la vertu des premiers évoques, la protection des arts et la majesté des souvenirs. Tout tend à recomposer l'unili' catholique ; avec quelques concessions de part el d'autre, l'accord serait bientôt fait. Je répéterai ce que j'ai déjà dit dans cet ouvrage : pour jeter un nouvel éclat, le Christianisme n'allend qu'un génie supérieur venu à son heure et dans sa place. La religion chrétienne entre dans une ère nouvelle ; comme les inslilutions et les mœurs, elle subit la troisième transformation. Elle cesse d'être politique, elle devient philosophique, sans cesser d'être divine : son cercle

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