L'IDEE DU PROGRÈS EST CONCILIABLE AVEC L'IDÉE CHRÉTIENNE
Ainsi jamène du pied de la Croix au |iied de Téchafaud de Louis XVI les trois vérités qui sont au fond de Tordre social : la vérité relig-ieuse, la vérité philosojihique ou l'indépendance de l'esprit de l'homme, et la vérité politique, ou la liberté. Je cherche à démontrer que resj)èce humaine suit une ligne progressive dans la civilisation, alors même qu'elle semble rétrograder. L'homme tend à une perfection indéfinie ; il est encore loin d'être remonté aux sublimes hauteurs dont les traditions religieuses et primitives de tous les peuples nous a|)prennent qu'il est descendu; mais il ne cessje de gravir la pente escarpée de ce Sinaï inconnu, au sommet duquel il reverra Dieu. La société en avançant accomplit certaines transformations générales, et nous sommes arrivés à l'un de ces grands changemonis de l'espèce humaine.
Les fils d'Adam ne sont qu'une même famille, qui marche vers le même but. Les faits advenus chez les nations placées si loin de nous sur le globe et dans les siècles ; ces faits qui jadis ne réveillaient en nous qu'un instinct de curiosité, nous intéressent aujourd"liui comme des choses qui nous sont propres, qui se sont passées chez nos vieux parents. C'était pour nous conserver telle liberté, telle vérité, telle idée, telle découverte, qu'un peuple s'est fait exterminer: c'était pour ajouter un talent d'or ou une obole à la masse commune
ETIPES HISTOIUnrES. '.'09
ilu liv>oi' liuiiiain. quiiii individu a souHerl tous les maux. .Nous laisserons à notre tour les connaissances que nous jjouvons avoir recueillies, à ceux qui nous suivront ici-bas. Sur des sociétés qui meurent sans cesse, une société vit sans cesse; les hommes ^tombent, l'homme reste debout, enrichi de tout ce que ses devanciers lui ont transmis, couronné de toutes les lumières, orné de tous les présents des âges; géant qui croit toujours, toujours, toujours, et dont le front, montant dans les cieux, ne s'arrêtera qu'cà la hauteur du trône (\o l'Etej'nel.
Et voilà comme, sans abandonner la vérité chrétienne, je me trouve d'accord avec la philosophie de mon siècle et l'Ecole moderne historique. On pourra difl'érer avec moi d'opinion, mais il faudra reconnaître que. loin d'emboîter mon esprit dans les ornières du passé, je trace des sentiers libres : heureux si l'histoire comme la politique me doit le redressement de ({uelques erreurs ' !