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LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE DE BOSSUET

Bossuol a l'ail de la vérité religieuse le fondement de tout; il a groupé les faits autour de celte vérité unique avec une incomparable majesté. Rien ne s'est passé dans l'univers que pour l'accomplissement de la parole de Dieu; l'histoire des hommes n'est à l'évéque de Meaux que l'histoire d'un homme, le premier-né des générations, pétri de la main, animé jjar le .souflle du Créateur, homme tombé, homme racheté avec sa race,

1. Il va beaucoup de vrai dans tout ceci : mai» pour(|uoi Chateaubriand n'a-t-il pas laissé à d'autres le soin de le dire ?

rd) (:11ATEAIBIUA>'I).

et cajiablc (li'S!;oi'iiiai.s de remonter à la liaulcur du rang dont il est descendu. Bossuet dédaigne les documents de la terre; c'est dans le ciel cju'il va chercher ses chartes. Que lui fait cet empire du monde, présent de nul prix^ comme il le dit lui-même? S'il est partial, c'est pour le monde éternel : en écrivant au pied de la Croix, il écrase les peuples sous le signe du salut, comme il asservit les événements à la domination de son génie.

Entre Adam et le Christ, enli-e le berceau du monde placé sur la montagne du [laradis terrestre et la Croix «■levée sur le Golgotha, fourmillent des nations abîmées dans l'idolâtrie, frappées de l.i déchéance du père de la lamille. Elles sont peintes en (piebpies traits avec leurs vices et leurs vertus, leurs arts et leur barbarie, de uianière à ce que ces nations mortes deviennent vivantes : le nouvel Ezéchiel souffle sur des ossemenis ai'ides, et ils ressuscitent. Mais au milieu de ces nations est un petit peuple (]ui perj^elue la tradition sacrée, et fait entendre de tem|ts en temps des paroles pro|)héliiiues. Le Messie vient; la race vendue finit, la rachelée commence; Pierre jjorte à Home les pouvoirs du Chri^l : il y a rénovation de l'univers.

On peut adopter le système liisloriquo de ce grand homme, mais avec une notable reclificalion : BossucI a renfermé les événements dans un cercle rigoureux connue son génie: Idul se trouve emprisonné dans vm clirislianisme inflexible. L'existence de ce cerceau redoiihdile. où le geni'e humain lournerait dans une sorte d'éternité sans j»rogrès et sans perfectionnement, n'est heureusement qu'une inqjosante erreur.

La société est un dessem de Dieu ; c'est par le < JhiLi, .^elon Bossuet, que Dieu accomplit ce dessein; mais le Christianisme n'est point un cercle inextensible, c'est au contraire un cercle i|ui s'élargit à mesure (|ue la civil'W

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salion sotcnd: il no coniprimc. il n"iHoulle aucune science, aucune liberlé.

Le dogme cjui nous apprend que Ihomme dégradé relrouvera ses fins glorieuses présente un sens spirituel et un sens temporel : par le premier, l'àme paraîtra devant Dieu lavée de la tache originelle ; par le second, riiomme est réintégré dans les lumières qu'il avait perdues en se livrant à ses passions, cause de sa chute. Rien ainsi ne se |ilie de force à mon système, ou plutôt au système de Bossuet rectifié; c'est ce système qui se |iiio aux événements et qui enveloppe la société en lui laissant la liberté d'action.

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