LE PRINTEMPS EN BRETAGNE
Le printemps, en Bretagne, est plus doux qu'aux environs de Paris, et fleurit trois semaines plus tôt. Les cinq oiseaux qui l'annoncent, l'hirondelle, le loriot, le coucou, la caille et le rossignol, arrivent avec des brises qui hébergent dans les golfes de la péninsule armoricaine. La terre se couvre de marguerites, de pensées, de jonquilles, de narcisses, d'hyacinthes, de renoncules, d'anémones, comme les espaces abandonnés qui environnent Saint-Jean de Latran et Sainte-Croix de Jérusalem, à Rome. Des clairières se panachent d'élégantes et hautes fougères; des champs de genêts et d'ajoncs resplen-
1. Voici, d'après un fragment autographe, qui est actuellement entre les mains de M. Georges Gain, le texte probablement primitif de ce morceau. J'en dois la communication à M. Marcel Duchemin qui se réserve d'en publier un texte critique dans la Revue d'histoire littéraire de la France, et à qui j'exprime ici toute ma gratitude.
" Le départ pour Gombourg qui fut une grande peine pour ma mère, fut une grande joie pour sa petite famille. Les enfants aiment la campagne. Je devais accompagner mes sœurs au château et être ensuite ramené au collège. Nous partîmes dans la première quinzaine du mois de mai. Le printemps en Bretagne est beaucoup plus beau qu'aux environs de Paris : il commence trois semaines pins tôt. La terre se couvre d'une multitude de primevères, de hyacinthes de champs et de fleurs sauvages. Le pays entrecoupé de haies plantées d'arbres offre l'aspect d'une continuelle forêt