LOUIS XVIII A SAINT-DENIS
Un boulanger nous hébergea. Le soir, vers les neuf licures, j'allai faire ma cour au Roi. Sa Majesté était logée dans les bâtiments de l'abbaye ; on avait toutes les peines du monde à empêcher les petites fdles de la Légion d'honneur de crier: Vivo Napoléon! J'entrai d'abord dans l'église ; un pan de mur attenant au cloître était tombé; l'antique abbatial n'était éclairé que d'une lampe. Je fis ma prière à l'entrée du caveau où j'avais vu descendre Louis XVI : plein de crainte sur l'avenir, je ne sais si j'ai jamais eu le cœur noyé d'une tristesse plus profonde et plus religieuse. Ensuite je me rendis chez Sa Majesté : introduit dans une des chambres qui précédaient celle du Roi, je ne trouvai personne ; je m'assis dans un coin et j'attendis. Tout à cou|) une porte s'ouvre; entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime*, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché ; la vision infernale passe lentement devant moi, pénètre dans le cabinet du Roi et disparaît. Fouché venait jurer foi et hommage à son seigneur; le féal régicide, à genoux, mit les mains qui firent tomber
1, Cette phrase est restée justement célMire; et c'est ici le cas de rappeler sur Chateaubriand écrivain, le mot de Ducis : « Il a le secret des mots puissants. »
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la lète de Louis XVI entre les mains du frère du roi martyr; l'évéque apostat fut caution du serment.