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CONCLUSION SUR NAPOLEON. — SA MORT

... De la réunion de ces remarques il résulle que Bonaparte était un poète en action, un sénie iuimense dans la guerre, un esprit infatigable, habile et sensé dans l'administration, un législateur laborieux et raisonnable. C'est pourquoi il a tant de prise sur l'imagination des peuples, et tant d'autorité sur le jugement des hommes positifs. Mais comme politique ce sera toujours lui homme défectueux aux yeux des hommes d'Etal. Cette observation, échappée à la plupart de ses panégyristes, deviendra, j'en suis convaincu, l'opinion définitive (pu restera de lui; elle expliquera le contraste de ses actions prodigieuses et de leurs misérables résultats. A Sainte-Hélène, il a condamné lui-même avec sévérité sa conduite politique sur deux points : la guerre d'Espagne et la guerre de Russie ; il aurait pu étendre sa confession à d'autres coulpes*. Ses enthousiastes ne soutiendront peut-être pas qu'en se blâuiant il s'est trompé sur luimême... Xapoléon reçut en don la vieille monarchie française telle que l'avaient faite les siècles et une succession ininterrompue de grands hommes, telle que l'avaient laissée la majesté de Louis XIV et les alliances de Louis XV, telle que l'avait agrandie la République. Il s'assit sur ce magnifique piédestal, étendit les bras, se saisit des peuples et les ramassa autour de lui ; mais il perdit l'Europe avec autant de promjititude qu'il l'avait

1. Vieux mot signifiant : faute {cnipa): ne subsiste plus guère (|ue dans l'expression : laattre sa coulpe.

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