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piiso; il niuena deux fois los alliés à Paris, malgré les miracles de son intelligence militaire. Il avait le monde sous ses pieds et il n'en a tiré qu'une prison pour lui, un exil pour sa famille, la perte de toutes ses conquêtes et d'une portion du vieux sol français...
L'empereur se mêlait de toutes choses ; son intellect ne se reposait jamais : il avait une espèce d'agitation |terpétuelle d'idées. Dans l'impétuosité de sa nature, au lieu d'un train franc et continu, il s'avançait par bonds et haut-le-corps, il se jetait sur l'univei's et lui donnait dos saccades; il n'en voulait point de cet univers, s'il ('■lait obligé de l'attendre : être incompréhensible, qui trouvait le secret d'abaisser, en les dédaignant, ses plus dominantes actions, et qui élevait jusqu'à sa hauteur ses Mctions les moins élevées. Impatient de volonté, patient de caractère, incomplet et comme inachevé, Napoléon avait des lacunes dans le génie ; son entendement ressemlilait au ciel de cet autre hémisphère sous lequel il devait aller mourir, à ce ciel dont les étoiles sont séparées par des espaces vides.
On se demande par quel prestige Bonaparte, si aristocrate, si ennemi du peujile, a pu arrivera la popularité dont il jouit : car ce forgeur de jougs est très certainement resté populaire chez une nation dont la prétention a été d'élever des autels à l'indépendance et à l'égalité ; voici le mot de l'énigme :
Une expérience journalière fait reconnaître que les Français vont instinctivement au pouvoir ; ils n'aiment point la liberté ; l'égalité seule est leur idole*. Or l'égalité et le despotisme ont des liaisons secrètes. Sous ces deux rapports. Napoléon avait sa source au cœur des Français, militairement inclinés vers la puissance.
1. Voici une remarque de moraliste politique qui pourrait bien être l'une Jes plus profondes qu'on ait jamais faites sur le caractère français.
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(lomocratiquonicnt amoureux du niveau. Monli' au Irùno, il y fit asseoir le peuple avec lui : roi prolétaire, il humilia les rois et les nobles dans ses antichambres ; il nivela les rangs, non en les abaissant, mais en les t'ievanl ; le niveau descendant aurait charmé davantage l'envie plébéienne, le niveau ascendant a plus flatté son orgueil. La vanité française se bouffit aussi de la supériorité que Bonaparte nous donna sur le reste de l'Eurofie ; une autre cause de la popularité de •Napoléon tient à Taffiiclion de ses derniers jours. Après sa mort, à mesure que Ton connut mieux ce qu'il avait souffert à Sainte-Hélène, on commença à s'attendrir; on oublia sa tyrannie pour se souvenir qu'après avoir d'abord vaincu nos ennemis, qu'après les avoir ensuite attirés en France, il nous avait défendus contre eux: nous nous figurons qu'il nous sauverait aujourd'hui de la honte oii nous sommes: sa renonunée nous fut ramenée par son infortune; sa gloire a profité de son malheur.
Enfin les miracles de ses armes ont ensorcelé la jeunesse, en nous apprenant à adorer la force brutale. Sa fortune inouïe a laissé à l'outrecuidance de chaque ambition l'espoir d'arriver où il était parvenu...
Bonaparte n'est point grand par ses ])aroles, ses discours, ses écrits, ])ar l'amour des libertés qu'il n'a jamais eu et n'a jamais prétendu établir; il est grand pour avoir créé un gouvernement régulier et puissant, un code de lois adopté en divers pays, des cours ûo justice, des écoles, une administration forte, active, intelligente, et sur laquelle nous vivons encore : il est grand pour avoir ressuscité, éclairé et géré supérieurement l'Italie ; il est grand pour avoir fait renaître en France l'ordre du sein du chaos, pour avoir relevé les autels, pour avoir réduit de furieux démagogues, d'orgueilleux savants, des littérateurs anarchiques, des athées
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