A AUGUSTIN THIERRY
Itoine, <-c 8 janvier 1829. — J'ai élé bien louche, monsieur, de recevoir la nouvelle édition de vos Lettres avec un mot qui prouve que vous avez pensé à moi. Si ce mot était de votre main, j'espérerais pour mon pays ipie vos yeux se rouvriraient aux études dont votre l.ilonl tire un si merveilleux parti*. Je lis, ou plul(jt relis ;ivec avidité cet ouvrage trop court. Je fais des cornes à i ou les les pages, afin de mieux rappeler les passages donl je veux mnppuyer. Je vous citerai beaucoup, monsieur, dans le ti-avail que je prépare depuis tant d'années sur les deux premières races. Je mettrai à l'abri mes idées et mes recherches derrière votre haute autorité...
Vous savez, monsieur, que je vous désirais vivement à Rome. Nous nous serions assis sur des ruines : là vous m'auriez enseigné l'histoire; vieux disciple, j'aurais écouté mon jeune maître avec le seul regret de n'avoir ])lus devant moi assez d'années pour ])ronter de ses leçons :
Tel (!sl le soii de l'iiniiiiiic : il siii^lruil avec l'âge. Mais que sert d'être sa^e, Quand le lerme esl .si près?
1 . Aufiii^liii TliieiTv, on le sait, élail Joveiui avcu"l(.'.
508 CIIATEAIHIUAND.
Ces vers sont d'une ode inédile l'aile par un lionmie qui n'est plus, par mon bon et ancien ami Fontanes. Ainsi, monsieur, tout m'avertit, parmi les débris de Rome, de ce que j'ai perdu, du peu de temps qui me reste, et de la brièveté de ces espérances qui me semblaient si longues autrefois : spein longain.
Croyez, monsieur, que personne ne vous admire et no vous est plus dévoué que votre servitoui-.