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lies nobles : c'était précisément le rôle qu'avaient joué les Athéniens et les Spartiates dans la Grèce. Aussi, lorsque les papes se rangèrent du côté des rois, lorsqu'ils se firent Gibelins, ils perdirent leur pouvoir, parce qu'ils se détachèrent de leur principe naturel; et, par une raison opposée, et cependant analogue, les moines ont vu décroître leur autorité lorsque la liberté politique est revenue directement au peuple, parce que les peuples n'ont plus eu besoin d'être remplacés par les moines, leurs représentants.
Ges trônes déclarés vacants et livrés au premier occupant dans le moyen âge; ces empereurs qui venaient à genoux implorer le pardon d'un pontife ; ces royaumes mis en interdit ; une nation entière privée de culte par un mot magique ; ces souverains frappés d'anathème, abandonnés non seulement de leurs sujets, mais encore de leurs serviteurs et de leurs proches; ces princes évités comme des lépreux, séparés de la race mortelle, en attendant leur retranchement de réternelle race: les aliments dont ils avaient goûté, les objets qu'ils avaient touchés passés à travers les flammes ainsi que choses souillées : tout cela n'était que les effets énergiques de la souveraineté populaire déléguée à la religion et ]iar elle exercée.
RECLAIVIATION PECUNIAIRE A PORTALIS
Rome, ce 16 avril 1829. — M. le comte, MM. les cardinaux français sont fort empressés de connaître quelle somme leur sera accordée pour leurs dépenses et leur séjour à Rome : ils m'ont prié plusieurs fois de vous
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écrire à ce sujet; je vous serai donc infinimenl obligé de ni'instruire le [dus tôt possible de la décision du Roi.
Pour ce qui me regarde, M. le comte, lorsque vous avez bien voulu m'allouer un secours de trente mille francs, vous avez supposé qu'aucun cardinal ne logerait chez moi : or, M. de Clermont-Tonncrre s'y est établi avec sa suite, composée de deux conclavistes,d'un secrétaire ecclésiastique, d'un secrétaire laïque, d'un valet de chambre, de deux domestiques et d'un cuisinier français, enfin d'un maître de chambre romain, d'un maître de cérémonies, de trois valets de pied, d'un cocher, et de toute cette maison italienne qu'un cardinal est obligé d'avoir ici. M. l'archevêque de Toulouse, qui ne peut marcher, ne dîne point à ma table; il faut deux ou trois services à dilTérentes heures, des voitures et des chevaux pour les commensaux et les amis. Mon respectable hôte ne payera certainement pas sa dépense ici : il partira, et les mémoires me resteront; il me faudra acquitter non seulement ceux du cuisinier, de la blanchisseuse, du loueur de carrosses, etc., etc., mais encore ceux des deux chirurgiens qui visitent la jambe de monseigneur, du cordonnier qui fait ses mules blanches et pourpres, et du tailleur qui a confectionné les manteaux, les soutanes, les rabats, l'ajustement complet du cardinal et de ses abbés.
Si vous joignez à cela, M. le comte, mes dépenses extraordinaires pour frais de représentation avant, pendant et après le conclave, dépenses augmentées par la présence de la grande-duchesse Hélène, du prince Paul de Wurtemberg et du roi de Bavière, vous trouverez sans doute que les trente mille francs que vous m'avez accordés seront beaucoup dépassés. La première année de l'établissement d'un ambassadeur est ruineuse, les secours accordés pour cet établissement étant fort au-^
LES « MÉMOIRES DOLTUE-TOMDE ». '>">
ilossous des besoins. II faut presque trois ans de séjoui' |iour qu'un agent diplomatique ait trouvé le moyen d'acquitter les dettes qu'il a contractées d'abord et de mettre ses dépenses au niveau de ses recettes. Je connais toute
PiKPRODUCTION D'UNE LETTHE AUTOGRAPHE DE CHATEAUBRIAND
Frayssinous.
la pénurie du budget des Affaires étrangères; si j'avais par moi-même quelque fortune, je ne vous importunerais pas : rion ne m'est plus désagréable, je vous assure, ipie ces détails d'argenl dans Ifsquels une rigourcu.se ncccssité me force d'cnirer. bien malgré moi.
574 CIIÂTEAIBRIAND.