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LE JEU DES OSSELETS

Au jeu des osselets, appelé aussi jeu du plat^ deux joueurs seuls tiennent la main; le reste des joueurs |i;lrie pour ou contre; les deux odversaires ont chacun

1. Vuiis auiitz vu alors les l'.iunes et les bêtes fauves danser eu

leur iiuirqueur. La partie se joue sur une table, ou simplement sur le gazon.

Les deux joueurs qui tiennent la main* sont pourvus lie six ou de luiit dés ou osselets, ressemblant à des noyaux d'abricots taillés à six faces inégales : les deux plus larges ftices sont peintes, Tune en blanc, l'autre en noir.

Les osselets se mêlent dans un plat de bois un peu concave; le joueur fait pirouetter ce plat; puis, frappant sur la table ou sur le gazon, il fait sauter en l'air les osselets.

Si tous les osselets, en tombant, présentent la même couleur, celui (jui a joué gagne cinq points; si cinq osselets, sur six ou huit, amènent la même couleur, le joueur ne gagne qu'un point pour la première fois ; mais si le même joueur répèle le même coup, il fait rafle de tout i'( gagne la partie qui est en quarante.

A mesure que Ton prend des points, on en défalque autant sur la partie de l'adversaire.

Le gagnant continue de tenir la main; le perdant cède sa place à l'un des parieurs de son côté, appelé à volonté par le marqueur de sa partie; les marqueurs sont les personnages principaux de ce jeu : on les choisit avec de grandes précautions, et l'on préfère surtout ceux à qui l'on croit le manitou * le plus fort et le plus habite.

La désignation des marqueurs amène de violents débats : si un parti a nomnu> un marqueur dont le manitou, c'est-à-dire la fortune, passe pour redoutable, l'autre parti s'oppose à cette nomination : on a quelquefois une très grande idée de la puissance du manitou d'un homme qu'on déteste; dans ce cas, l'intérêt l'emporte sur la passion, et l'on adopte cet homme pour marqueur, malgré la haine qu'on lui jjorte.

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