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UNE RUINE INDIENNE

Un spectacle inattendu frappa nos regards : nous découvrîmes une ruine indienne : elle était située sur un monticule au bord du lac; on remarquait sur la gauche un cône de terre de quarante à quarante-cinq pieds de haut; de ce cône partait un ancien chemin tracé à travers un magnifique bocage de magnolias et de chênes verts, et qui venait aboutir à une savane. Des fragments de vases et d'ustensiles divers étaient dispersés çà et là, agglomérés avec des fossiles, des coquillages, des i^étrilications de plantes et des ossements d'animaux.

Lé contraste de ces ruines et de la jeunesse de la nature, ces. monuments des hommes dans un désert où nouT'croyions avoir pénétré les j)remiers, causaient un grand saisissement de cœur et d'esprit. Quel peuple avait habité cette île? Son nom, sa race, le tcnqts de son existence, tout est inconnu; il vivait peut-être lorsque le monde qui le cachait dans son sein était encore ignoré

CIIATEAlDr.IANI).

r.Np: lU'INK INDIENNE DANS i.A FORKT VIERGE. Reproduction il'un dessin de Gustave Doré. Nous reproduisons, bien qu'ils ne soient pas du temps et qu'ils n'aient .'luonn caractère documentaire, quelques-uns des dessins de Doré dans la frrande édition illustrée (TAtala (Hacliette, 186'J), parce qu'ils sont l'interprétation par un grand artiste du le-xte de Chateaubriand.

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dos (ruis autre?; parlios do la terre. Le silence de ce peuple est peut-être contemporain du bruit que taisaient. de lirandes nations européennes tombées à leur tour ilans le silence, et qui n'ont laissé elles-mêmes que des dé!) ris.

Nous examinâmes les ruines : des anfractuosilés sa- Idonnousos du tuniulus' sortait une espèce de pavot à ileur rose, pesant au bout d'une tige inclinée d'un vert pâle. Les Indiens tirent de la racine de ce pavot une liuisson soporifique: la tige et la fleur ont une odeur ;i,uréable qui reste attachée à la main lorsqu'on y touche. Celle plante était laite [)Our orner le tombeau d'un Sau- \;iL;e; ses racines procurent le sommeil, et le parfum de >a Ileur, qui survit à cette fleur même, est une assez douce image du souvenir qu'une vie innocente laisse dans la solitude.

l. l'roprenient, graiiil ama^ de terre que les anciens (''l(!vaiont au-dessus l'une sépulture.

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