‹ ExtraitsChapitre 39 sur 285 · LA MORT DE ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

LA MORT DE ROBESPIERRE

Kniin, le joui' des vengeances arriva. On cont^oit à peine comment Robespierre, qui devait connaître le cœur humain, lit dénoncer aux Jacobins les députés qu'il vou-

I. Nuiivelle m,Ti'i|iie do riiilliii-iici' ilt- liuiissf.iii, i|ni .ixjiil mis l;i liutriiiiiiue à la mode.

•->. Donnons ici un oxpinplo de la faeun donl C.liate.uibriand, dans les notes de sa réimpression <le 18'.>(), se réfute et se maltraite orfjiieuiileuse- Jiient lui-même : « Voilà, certes, un des plus étranges chapitres de tout l'ou\rage, et peut-être un des morceaux les plus extraordinaires qui soient jamais échappés à la plume d'un écrivain : c'est une sorte d'orgie noire ■ Tun cœur blessé, d'un esprit malade, d'une imagination qui reproduit les lantômes dont elle est obsédée : c'est du Rousseau, c'est du Hené, c'est du dégoût de tout, de l'ennui de tout.... J'avais entrepris d(^ réfuter phrase à phrase ce chapitre, mais la i)lume m'est bientôt tombée des mains. Il m'a été impossible de me suivre moi-même à travers ce chaos: la folie des idées, la contradiction des sentiments, la fausseté des raisonnenuMits, le néobiiiisme, réduisaient tout mon commentaire à des exclamations de douleur ou de pitié >>

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lail jicrdiT ; (■'('•|;iil les n'^iliiirc an di'sc.sjiuii', cl les rrmlrc par cela iiiciiir l'oi niidalilcs. Ils allrrcnl donc à la Convciilion. n''SMliis de \h''\-'w on de icnvorsor le despole. <'.('lui-ci exerçait encore nii hd eiiipirc mu- ses lâches collègues, (|irils irnsèi-eiii: d'aliurd l'aliaquei" en face; mais, s'encourageanl [icn à jieii les uns les autres, l'accusation pril cnlin un caraclèi'e nicnaçanl. Huhespi(M-re veut parl(M\ les ciàs iVA bas le liji'dii r(dridis-rnt de ioules paris, 'l'allien. sautaiil à la Irilinne : « \iiici, dit-il, \\\\ poiLinartl jiour enfoncer dans le sein dn lyi'an. si le d(''crid d'accusation est rcjt'lé. » Il \\v le lui jias. lîarrère, abandonnant son ami, el se p(irlanl hii-mème pimi' d(''lateur, fil pencliei" la balance conire le malheiircnx {«obespierre. On rarrèlt\ Délivré' jiar les .l.icobins, il >e r/'lugie à THùtel lie \illc, oii il ess.iie vainement dassendîler un parti. Mis hoi's de 1,1 loi p;ir mi di'crid de la Convention, déserté de toute la terre, il ne put même échapper à ses ennemis par ce moyen ijui nous soustrait à la persécution des hommes, et la fortune le trahit jusqu'à lui refuser un suicide. An-aché par les gardes de derrière une table, où il avait voulu attenter à ses jours, il fut porté, baigné dans son sang, à la guillotine. Robespierre, sans doute, n'otfrait, par sa mort, (lu'une faible ex]>iafion de ses forfaits; mais, quand un scélérat marche à l'échafaud, la ]iilié alors compte les soutTrances, et non les crimes du coupable.

SUR LES EIVIIGRES

1 n l»on étranger, au coin de -on l'cii. dans un pays bien tran(piille, sûr de se lever le matin connnc il s'est couché le soii', en possession de sa fortune, la porte

ii C.HATEAUBRIAM».

bien fermée, des amis au dedans et la sûreté au dehors, prononce, en buvant un verre de vin, que les émigrés l'ranrais ont tort, et qu'on ne doit jamais quitter sa patrie : et ce bon étranger raisonne conséquemment. 11 est à son aise, personne ne le persécute, il peut se promener où il veut sans crainte d'être insulté, môme assassiné; on n'incendie point sa demeure, on ne le chasse point comme une bête féroce, le tout parce qu'il s'appelle Jacques et non pas Pierre, et que son grandpère, qui mourut il y a quarante ans, avait le droit de s'asseoir dans tel banc d'une église, avec deux ou trois arlequins en livrée derrière lui. Certes, dis-je, cet étranger pense qu'on a tort de quitter son pays.

C'est au malheur à juger du malheur. Le cœur grossier de la prospérité ne peut comprendre les sentiments délicats de l'infortune. Nous nous croyons forts au jour de la félicité; nous nous écrions : « Si nous étions dans cette position, nous ferions comme ceci, nous agirions de cette manière. » L'adversité vient-elle, nous sentons bientôt notre faiblesse, et, avec des larmes amères, nous nous rappelons des vaines forfanteries et des paroles frivoles du temps du bonheur.

Si l'on considère sans passion ce que les émigrés ont souffert en France, quel est l'homme, maintenant heureux, qui, mettant la main sur son cœur, ose dire : « Je n'eusse pas fait comme eux'? »

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