L' « EMILE .. DE ROUSSEAU
Tel est le famoux ouvrage cjui a préci|iilé nolri' révolution. Son princii)al délaut ost de n'être (''cril (|ue pour (leu de lecteurs. Je l'ai quelquefois vu entre les mains de certaines femmes (|ui y cliercliaienl des règles pour lêducation de leurs enfants; et j'ai souri. Ce livre n'est point un livre pratique; il serait de toute impossibilité d'élever un jeune homme sur un système qui demande un concours d'êtres environnants qu'on ne ■ saurait trouver; mais le sage doit regarder cet écrit de Jean- Jacques comme son trésor. Peut-être n'y a-l-il dans le monde entier que cin(| ouvrages à lire i VEm'dc en est im.... Je ne fais point ces réflexions sur l'immortel Emile sans un sentiment douloureux. La Profession de foi du Vicaire Savoyard, les principes politiques et moraux de cet ouvrage, sont devenus les machines qui ont battu l'édifice des gouvernements actuels de l'Europe, et surtout celui de la France, maintenant en ruines. Il s'ensuit que la vérité n'est pas bonne aux hommes méchants; qu'elle doit demeurer ensevelie ilans le sein du sage, comme l'espérance au fond de la boîte de Pandore. Si j'eusse vécu du temps de Jean- Jacques, j'aurais voulu devenir son disciple*; mais j'eusse conseillé le secret à mon maître. Il y a |(lus de philosophie qu'on ne pense au système île mystère adopté par Pythagore cl par les anciens prêtres de l'Orient.
t. Cliateaiibi-inml n'a pas à dovenir « ilisciplo de Jcan-Jai'qiics » : il l'c^t ilans presque toutes les payes iju'il écrit.
KSSAI su; I.IIS HKVOl.lTIONS.