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REPOS DE RENÉ SUS LA TOMBE D'UN ENFANT

In joui-, dans une longue roule qu'il avait à parcourir, il arriva à une grande prairie dé|)0uillée d'arbres ; •i»a n'y voyait (ju'une vieille é])ino couverte de fleurs tar-

I. On n:i j.iiiiai' niiiMix c.ir.K-térisé, avei- des iuKij;es |iliis jieuves et [iliis justes, la délicieuse fluidité du style de Féneluu. Sainte Beuve a Imiiait ifort, et avec raison, ces quelques lignes.

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iJivt'>. (|ui fn)i>:?ail sur le bord d'un rln min indien. Le soleil ;i[i[irocli;iit de soneouchant lorsque le iVère d.Vniélie parvint à celte épine. Ré.solii de ]iasser la nuit dans ee lieu, il aperçut un gazon sur lequel étaient déposées • les gerbes de maïs; il reconnut la tombe d'un enfant et. les présents maternels. Remerciant la Providence <le l'avoir appelé au festin des mort.Si il s'assit entre deux grosses racines de l'épine, qui se tordaient au-dessus do la terre. La brise du .soir soufflait par intervalles dans le l'euillage de l'arbre; elle en détachait les fleurs, et ces Heurs tombaient sur la tète de René en pluie argentée. Après avoir pris son repas, le Aoyageur s'endormit au chant du grillon.

La mère, qui avaitcouche 1 luiant -ijli- Iherbe au bord du chemin, vint à minuit apporter des dons nouveaux, et lumiecter de son lait le gazon de la tombe. Elle crut distinguer une espèce d'ombre ou île fantôme étendu sur la terre; la frayeur la saisit, mais l'amour maternel, plus fort que la frayeur, l'empêche île reculer. S'avani;ant à pas silencieux vers l'objet inconnu, elle vit un ji/une blanc qui dormait la face tournée vers les étoiles, un bras jeté sur sa tète. L'Indienne se glisse à genoux jusqu'au chevet de l'étranger qu'elle prenait pour une divinité propice. Quelques insectes voltigeaient autour du front de René, elle les chassait doucement, dans la crainte de réveiller l'esprit, et dans la crainte aussi d'éloigner l'àme de l'enfant, qui pouvait errer autour du bon génie. La rosée de.scendait avec abondance : la mère étendit son voile sur ses deux bras, et l' soutint ainsi au-dessus de la léte de René : « Tu réchauffes mon enfant, disait-elle en elle-même; il est juste que je te fasse un abri. «

Le bruit que l'Indienne fit malgré elle, en se voulant retirer, réveilla le frère d'Amélie. Il fut d'abord étonné de voir une femme â ses côtés, mais il compiit bientôt

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([ue c'était kl mère de l'enlantclont il l'oulaitle tombeau. Il lui imposa les mains, poussa les trois cris de douleui-, et lui dit : « Pardonne-moi, j'ai mangé une partie de la nourriture de ton fils ; mais j'étais voyageur, et j'avais faim; ton fils m'a donné riiospitalité. »

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