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REAPPARITION DU SOLEIL SUR LES TERRES ARCTIQUES

L"l)ivcr finissait; la lune avait regardé trois mois, du haut des airs, les flots fixes et muets qui ne réfléchissaient point son image. Une pâle aurore se glissa dans les régions du midi, et s'évanouit: elle revint, s'agrandit et se colora. U^n Esquimau, envoyé à la découverte, nous a|tprit. un matin, que le soleil allait paraître; nous sortîmes en foule du souterrain pour saluer le père de la vie. L'astre se montra un moment à l'horizon, mais

1. Ne croirait-on pas lire ici des pages arrachées de Pêcheur d'islandh? « Les Nalchez onl laissé sur moi une forte impression, vers ma dix-huitième annt'e. » {Lettre de Pierre Loti).

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il se leploagca soudain dans la nidl, comme un jusir qui, élevant sa télé rayonnante du séjour des morts, se recoucherait dans son tombeau à la vue de la désolation de la terre; nous poussâmes un cri de joie et de deuil.

Le soleil parcourut peu à peu un plus long cliemin dans le ciel. Des brouillards couvrirent la terre et l.i, mer. La surface solide des lleuves se détacha des lùvages; on entendit pour premier bruit le cri d'un oiseau; ensuite cjuciques ruisseaux murmurèrent: les vents retrouvèrent la voix. Enfin les nuages amassés dans les airs crevèrent de toutes parts. Des cataractes d'une eau troublée se jjrécipitèrent des montagnes; des monceaux de neige tombèrent avec tracas des rocs escarpés : le vieil Océan, réveillé au fond de ses abiuies, rompit ses chaînes, secoua sa tète hérissée de glaçons, et, vouiissant les Ilots renfermes dans sa vaste poitrine, réi)andit sur ses rivages les marées mugissantes.

A ce signal, les pécheurs du Labiador (|uitterent leur caverne et se dispersèrent : chaque couple retourna à sa solitude pour bâtir son nouveau nid et chanter ses nouvelles amour.-.

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