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L'ORAGE DANS LA SAVANE

<| CtHait le viiigL-.seplicuKj soleil dopui» nuire déparl. lies cabanes : la lune de feu avait commence son cours, et tout annonçait un orage. Vers l'Iieiire où les niatron<>s indiennes suspendent la crosse du labour aux branches du savinier et où les perruches se retirent dans le creux lies cyprès, le ciel commença â se couvrir. Les voix de la solitude s'éteignirent, le dései't lit silence, et les lorèts demeurèrent dans un calme universel. Bientôt les roulements d'un tonnerre lointain, se prolongeant dans ces bois aussi vieux ijue le monde, en liront sortir des bruits subliiiu's. Craignant <i'ètre submergés, nous nous hâtâmes de gagner le bord du Heuve. et de nous retirer dans une l'orèt.

« Ce lieu était un terrain marécageux. Nous avancions avec peine sous une voûte de smilax, parmi des ceps de vigne, des indigos, des faséoles', des lianes rampantes, qui entravaient nos pieds comme des lilets. Le sol spongieux tremblait autour de nous, et à chaque instant nous étions près d'être engloutis dans des ibndrières. Des insectes sans nombre, d'énormes chauvessouris, nous aveuglaient; les serpents à sonnettes bruissaient de toutes parts; et les loups, les ours, les carca- Jous, les petits tigres, qui venaient se cacher dans ces retraites, les remplissaient de leurs rugissements.

« Cependant l'obscurité redouble : les nuages abaissés entrent sous l'ombrage des bois. La nue se déchire, et l'éclair trace un rapide losange de feu. Un vent mipétueux, sorti du couchant, roule les nuages sur les nuages; les forêts plient; le ciel s'ouvre coup sur coup;

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