‹ ExtraitsChapitre 92 sur 285 · L'ORAISON FUNEBRE DE CONGE · texte numérisé non relu

L'ORAISON FUNEBRE DE CONGE

Nous avions cru i)endanl (pielque temps que l'oraison liinèbre du prince de Condé, à l'exceplion du mouvement qui la termine, était généralement trop louée; nous |iensions qu'il était plus aisé, comme il l'est en ellél. d'arriver aux formes d'éloquence du commencemeni de cet éloge, qu'à celles de l'oraison de Madame Ilenrielle : mais quand nous avons lu ce discours avec attention; quand nous avons vu l'orateur emboucher la trompelte épi(pie pendant une moitié de son récit, et 'donner, lomme en se jouant, un chant d'Homère: quand, se relirant à (Hianlilly avec Achille en repos, il rentre dans h' hjn évangélique et r.:'trouve les grandes pensées, les vues chréliennes qui remplisseni les premières oraisons fu- Ni'hres ; lorsque, après avoii' mis (londé au cercueil, il appelle les peuples, les princes, les jirélals, les guerriers, au catafalque du héros; lorsque, enfin, s'avançavd lui-même avec ses cheveux blancs, il fail enlendre les accenis du cygne, montre Rossuel nu pied dans la tombe, et le siècle de Louis, don! il a l'air i\o l'aire les fiméi-ailles, prêt à s'abîmer dans réternilé ; à ce deniiei' elVort de l'éloquence hmnaine, les larmesde l'admiration ont coulé de nos yeux, el le livre est fondié de nos mains '.

1. tV qui lait le granil itirrilo de celte adrtiirahle page de rriliijue liltc laire, véritablement digne du sujet qu'elle traite, el du grand écrivain (|u'elle rélèbre, c'en est, si je puis dire, le caractère personnel . Elle est le iv^ultat d'une expérience, et elle est comme toute chaude encore et toute vibrante d'une émotion que Chateaubriand vient d'éprouver.

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