I.i; (.I:MK Itl (.HlîlSTIAMSMK
|i.isteiir qui n'e>l connu que sous le nom dr lui-r; el ce nom vénérable, dans lequel est venu se perdre le sien, indi(|uo moins le ministre du temple que le père laborieux (lu troupeau. Il sort de sa retraite, bâtie auprès de la demcuie des morts, dont il surveille la cendre. Il est établi dans son presbytère, comme une garde avancée aux frontières de la vie, pour recevoir ceux qui entrent i'[ ceux qui sortent de ce royaume des douleurs. Un puits, des peupliers, une vigne autour de sa fenêtre, quelques colombes, composent l'héritage de ce roi des sacrifices. (Cependant l'apùlre de l'Evangile, revêtu d'un simple surplis, assemble ses ouailles devant la grande porte de l'église; il leur fait un discours, fort beau sans doute, à en juger par les larmes de l'assistance. On lui entend souvent répéter : Mes enfdiifs^ mes c/iers enfduts: et c'est là tout le secret de l'éloquence du Chrysostome' champêtre.
A])rès l'exhortation, l'assemblée commence à marcher eu chantant : J'ou.s sorlirezaœcplatsir, et voits sevezreçu iirec joie\ les collines bondiront et vous entendront avec joie. L'étendard des saints, antique bannière des temps chevaleresques, ouvre la carrière au troupeau, qui suit |iêle-mêle avec son pasteur. On entre dans des chemins ombragés et coupés profondément par la roue des chars rustiques; on franchit de hautes barrières formées d'un sfui tronc de chêne; on voyage le long d'une haie d'au- Ix'pine où bourdonne l'abeille, ef oi^i sifflent les bouvreuils et les merles. Les arbres sont couverts de leurs Heurs ou pai'és d'un naissant feuillage. Les bois, les vallons, les rivières, les rochers entendent tour à tour les hymnes des laboureurs. Etonnés de ces cantiques, les hôtes des champs sortent des blés nouveaux, et s'ar-
I. S.iiiil Ji'an Clirjsostoiiio, le |)lii> grand ile^ uraleiir.s de l'iig ;ie(iiiie, et un même temps le plus « populaire ».
im cii.vroiUHiAXit.
rèleiil à quelque di^lauce. pour voir pas.seï' l;i )Mjnqie villageoise.
La procession l'eiitrc eiitiu au liauieau. (ihacun retourne il son ouvrage : la religion n'a pas voulu que le jour où Ion deuiande à Dieu les biens de la terre lut un jour d'oisiveté. Avec quelle espérance on enfonce le soc dans le sillon, après avoir imploré celui qui dirige le soleil ri qui garde dans ses trésors les vents du midi et les lièdes ondées! l'our bien aciiever un jour si saintement commencé, les anciens du village vi(>nnenl, à Tentréo de la nuit, converser avec le curé qui jjrend son repas du soir sous les peupliers de sa cour. La lune répand alors les dernières barnionies sur celte fête. <iuc ramènent chaque année le mois le plus doux et le cours do Tastre le plus mystérieux. On croit entendre de toutes parts b's blés gfM'mer dans la terre, et les plantes croître et se développer : des voix inconnues s'élèvent dans le silence des bois, comme le chœur ûc^ anges champêtres dont on a imploré le secours; et les soupirs du rossignol parviennent à l'oreille des vieillards assis non loin des tomheaux.