‹ ExtraitsChapitre 96 sur 285 · CIMETIERES DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

CIMETIERES DE CAMPAGNE

Les anciens n'ont point eu de lieux de sépulluri; |)lus agréables que nos cimetières de campagne : des prairies, des champs, des eaux et des bois, une riante perspective, mariaient leurs simples images avec les tombeaux des laboureurs. On aimait à voir le gros if qui no végétait plus que par son écorcc, les pommiers du prcsbytèr-e, le haut gazon, les peupliers, l'ormeau des morts, et les buis, et les petites croix de consolation et de grâce. Au milieu des paisibles monuments, le temple villageois

1 1: (iÉxii: nr chiustiaxismi:. i-jt

l'Ii'vait >a lour surmoiili'o de remblènie rusliquo do ki vigilance. Un nenlendait dans ces lieux que le chant du vouge-gorge, et le bruit des brebis qui broutaient Tlicrbe d(> la tombe de leur ancien pasteur.

Les sentiers qui traversaient l'enclos béni aboutissaient à l'église ou à la maison du curé: ils étaient tracés par le }»auvre et le pèlerin, (jui allaient prier le t>ieu des miracles, ou demander le jjaiu de l'aumône à l'hoiinne de l'Evangile : l'indill'ércnt ou le riclic ne jiassait point >ur ces tombeaux.

< >n y lisait pour loulr ('pilaplie : (iuillaione ou Paul, nv en telle onnée^ niort m telle autre. Sur quelques-uns il n'y avait pas même de nom. Le laboureur chrétien repose oublié dans la mort, connue ces végétaux utiles au milieu desquels il a vécu : la natui'c ne grave pas le nom des chênes sur leurs troncs abattus dans les forêts.

Page 1