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LES ANNÉES DE JEUNESSE

Kttor Annecy. Joan-Jacques le suivit; et si c« fut, comme il liiltirme, sur le conseil de Mme de Warens, peut-être voyait-elle Il un honorable moyen de l'éloigner sans le chasser. L'exode

inmonça le mieux du monde. Mais à Lyon, en pleine rue,

Moloz tomba du haut mal; la foule s'assembla, et Jean-Jacques iiilimidé s'enfuit. Ajurs cet exploit, il regagne Annecy, «ju'il avait quitté vingt jours aupai'avant. Mme <le Warens n'y était j)ius. Elle venait de partii- jtour Paris, où l'appelait une affaire, dont Jean-Jac(jues n'a sans doute jamais su le secret, mais que certains indices permettent <le croire peu honorable, — quelque manège de politique interlope

Pour un garçon de dix-huit ans le désœuvrement était dangereux. Son humeur nomade le reprit. Il accepta d'accompagner la femme de chambre de Mme de Warens qui se rendait à Fribourg dans sa famille. Il s'arrêta chemin faisant à Nyon, .niprés de son père, qui pleura une fois de plus avec lui, mais lie fit aucun effort pour le retenir. Son odyssée devient de pluL' m plus étrange. Après avoir déposé sa jeune compagne à Kril>ourg, il revient sur ses pas, sans un sou vaillant. Il s'arrête :i Lausanne, paye d'audace, se fait passer pour maître de musi- (pie, pour compositeur, et se couvre de ridicule. Il va chercher meilleure fortune à Neuchàtel, et y passe l'hiver de 1730. « J'apprenais insensiblement la musique en l'enseignant », ditil. Il allait ainsi se procurer un métier sortable. Mais un beau : ur. au cours d'une promenade champêtre (car partout il con-

iiiait ses loisirs à voir le pays, a toujours errant, rêvant, soupirant »). il rencontre dans une auberge « un homme à grande barbe avec un habit violet à la grec(pie, un bonnet fourré », parlant une langue hétéroclite qui tirait sur l'italien. C'était, ^oi-<lisant. un prélat grec et archimandrite de Jérusalem, chargé «le faire une quête en Europe pour le rétablissement du Saint- S(''pulcre. Il lie connaissance avec ce personnage, et s'engage à lui servir de secrétaire et d'interprète; ils traversent ensemble ! riboui'g, Berne, Soleure. Là, l'ambassadeur de France, M. de Boiiac s'intéresse à cet enfant dupé et dévoyé, le prend sous sa protection et l'adresse à Paris, avec cent francs pour son voyage cl la perspective d'un modeste emploi. Jean-Jacques fait connais-

irice avec la grande ville, juge l'emploi qu'on lui destinait fort

i-dessous de son mérite, et n'y trouvant plus Mme de Warens, résout à la rejoindre et reprend à pied la route de la Savoie.

est bien encore h coureur du grands chemins que nous avons

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