‹ Extraits. Publié avec une introd. et des notesChapitre 165 sur 196 · Que je ae me fusse donné la mort · texte numérisé non relu

Que je ae me fusse donné la mort

cet invincible dégoût que j'ai toujours éprouvé dans le commerce des hommes ; je l'allribuais au chagrin de n'avoir pas l'esprit assez présent pour montrer dans la conversa tion le peu que j'en ai', et, par contre-coup, à celui de ne pas occuper dans le nioiide la place (jue j'y croyais mériter. Mais quand, après avoir barbouillé du papier, j'étais bien SMr, même en disant des sottises, de n'être pas pris pour iiii sot ; quand je me suis vu recherché de tout le monde, t'I honoré de beaucoup plus de considération que ma plus ridicule vanité n'en eût osé prétendre, et que, mal^^ré cela, j'ai senti ce même dégoût plus augmenté que diminué, ' j'ai conclu qu'il venait d'une autre cause, et que ces (espèces (le jouissances n'étaient point celles qu'il me| f.illnit.

Ouelle est donc enfin cette cause? Klle n'est autre que cet iinlomptable esprit de liberté que rien n'a pu vaincre, »'t devant lequel les honneurs, la fortune, et la réputation même, ne me sont rien. Il est certain nue cet esprit de liberté me vient moins d'or^^ueil que de paresse ; mais cette' -m) paresse est incroyable : tout l'ellarouche ; les nioiiidres devoirs de la vie civile lui sont insupportables; un mot à dire^ une lettre à écrire, une visite à faire, dès (|u'il le i'aul , <oi^t uour moi des suoplicy^;. Voilà pourquoi, quoiciue le Miiimerce ordinaire des hounnes me soit odieux, l'intime I initié m'est si chère, parce qu'il n'y a plus de devoir pour «Ile; on suit son cœur, et tout est fait. Voilà encore pour- (|uoi j'ai toujours tant redouté les bienfaits; car tout bienfait exige reconnaissance, et je me sens le cœur ingrat, par cela seul que I9 reconna^sance est un devoir. En un njot, l'espèce de bonheur du'il me faut n'est pas tant de fain» <)■ >!U)' jf vt'n\, nua de n<' uas l'aire ce (pie jt' ne veuxl^^di

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