‹ Extraits. Publié avec une introd. et des notesChapitre 26 sur 196 · Voy. page 310 de ce recueil · texte numérisé non relu

Voy. page 310 de ce recueil

Hume.

Peinlure de Ramsay (1766).

PI. X, page xLviii.

LES ANNÉES D'EXIL. xlix

se rendre ailleurs. Restait l'Angleterre, où divers motifs le poussaient. D'abord ses ouvrages y avaient reçu bon accueil, à en juger par leur débit. En outre il ne savait pas la langue du pays, et par coui^équcnt il y serait plus que n'importe où protégé contre i'importunité du public. Enfin, dés les premiers temps de sa retraite à Motiers, il avait été mis en rapport avec le célèbre pbilosopbe et historien David Hume, par Mme de Boufflers, puis par milord Maréchal. Hume était secrétaire de l'ambassade anglaise à Paris, en communauté d'idées et en relations amicales avec les chefs du groupe encyclopédique; mais les talents et l'infortune de Rousseau l'avaient touché, et la généreuse ambition lui était venue de procurer sur le sol anglais à ce grand génie persécuté, une honorable et paisible retraite. Rousseau, gagné par des olfres si spontanées, les avait acceptées en principe. Le moment lui sembla vemi de les mettre à profit. Le 4 décembre 1765, par une lettre datée de Strasbourg, il en informa M. Hume.

C'est à Strasbourg, en edet, qu'il s'était rendu, par Bàle, en quittant Bienne. Il y passa un peu plus d'un mois, fort bien vu par le maréchal de Contades qui commandait en Alsace, et très fêté par la [«opulation. Après avoir arrêté son plan, et obtenu directement de M. de Choiseul le passeport nécessaire pour traverser la France, et en particuliei- pour se dérober peudaut son séjour à Paris aux cllets de l'arrêt qui le menaçait de prise de corps, il s'achemina vers cette capilale. Sa présence dans les lieux publics, en costume d'Arménien, y fit sensation. Le prince de Conti le logea dans l'enceinle du Tenqile, où les visitem*s s'empressèrent. Le gouvcinement eut liàle d(? melire un Iciinc; à cette situation irrégulière, (pii de jour en jour devenait plus scandaleuse, et, le 5 janvier 1700, Rousseau partit jtoni- Londres eu compagnie de plusieurs amis, [>armi lesquel David Hume.

A Londres, pendant quinze jours, tout alla bien, et celte entreprise hasardeuse débutait sous les meilleurs auspices : Rousseau jouissait ingénument de sa gloire ci se montrait le plus sociable du monde, au point que Hume ne comprenait rien à la contradiction entre la maniéi-e d'être de son « puj)ille » et sa réputation de sauvagerie. Cet enolianl<Mnent fut de courte durée. Rousseau réclamait la canqiagne. Hume l'installa |»rès de Londres, à Chiswick; Thérèse n'était pas enc«)re venue le rejoindre: son arrivée et la froideur avec la'Uielle elle fut accueillie jjar des

Page 1