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TOUTE LA COUR

M. DE SAINT-VALLIER, grand deuil, barbe et cheveux blancs.

Vous, sire, ëcoutez-mo.i,

Comme vous le devez, puisque vous êtes roi !

Vous m'avez fait un jour mener pieds nus en Grève;

Là, vous m'avez fait grâce, ainsi que dans un rêve,

Et je vous ai béni, ne sachant en effet

Ce qu'un roi cache au fond d'une grâce qu'il fait.

Or, vous aviez caché ma honte dans !a mienne. —

Oui, sire, sans respect pour une race ancienne,

Pour le sang de Poitiers, noble depuis mille ans,

Tandis que, revenant de la Grève à pas lents,

Je priais dans mon cœur le dieu de la victoire

Qu'il vous donnât mes jours de vie en jours de gloire,

Vous, François de Valois, le soir du même jour,

bans crainte, sans pitié, sans pudeur, sans amour,

Dans votre lit, tombeau de la vertu des femmes,

Vous avez froidement, sous vos bais3rs infâmes,

Te;ni, flétri, souillé, déshonoré, brisé

Diane de Poitiers, comtesse de Brezé!

Quoi! lorsque j'attendais l'arrêt qui me condamne,

Tu courais donc au Louvre, ô ma chaste Diane 1

Et lui, ce roi sacré chevalier par Bavard,

Jeune homme auquel il faut des plaisirs de vieillard,

Pour quelques jours de plus dont Dieu seul sait le compte,

Ton père sous ses pieds, te marchandait ta honte,

Et cet affreux tréteau, chose horrible à penser 1

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