LE ROI S'AMUSE
— La chose arrivera, — nous ait vengés de vous, Pâle, à tous vos banquets, je reviendrai vou> dire :
— Vous avez mal agi, vous avez mal fait, sire! — Et vous m'éeouterez, et votre front terni
Ne se relèvera que quand j'aurai fini.
Vous voudrez, pour forcer ma vengeance à se taire, Me rendre au bourreau. Non. Vous ne l'oserez faire, De peur que ce ne soit mon spectre qui demain
Mo:.trant sa tête.
Revienne vous parler, — cette tête à la main.
LE ROI , comme suffoqué de colère.
On s'oublie à ce point d'audace et de délire!... —
A M. de Pienne.
Duc! arrêtez monsieur!
M. de Pienne fait un signe, et deux hallebardiers se placent de chaque côté de M. de Saint-Vallier.
TRIBOCLET, riant.
Le bonhomme est fou, sire!
M. DE SAINT-VAL LIER, levant le bras.
Soyez maudits tous deux! —
Au rui.
Sire, ce n'est pas bien, Sur le lion mourant vous lâchez votre chien I
A Triboulet.
Qui que tu sois, valet à langue de vipère, Qui fais risée ainsi de la douleur d'un père, Sois maudit! —
Au roi.
J'avais droit d'être par vous traité Comme une majesté par une majesté.
Vous êtes roi, moi père, et l'âge vaut le trône. Nous avons tous les deux au front une couronne Où nul ne doit lever de regards insolents, Vous, de fleurs de lys d'or, et moi, de cheveux blancs. Roi, quand un sacrilège ose insulter la \ôtre, C'est vous qui la vengez; — c'est Dieu qui venge l'autre !