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LES ARTISTES CELEBRES
Ces protestations, inspirées par Cochin, qui prenait très à cœur la cause de ses confrères malmenés et qui devait demander plus tard, dans une lettre officielle, l'intervention de M. de Sartines contre les « brochuriers », ne suffirent pas à calmer et à consoler Boucher. Il devint moins assidu au Salon et n’exposa rien en 1751.
Il était encore cependant dans la belle et riche veine de son talent. C’est de ces années si pleines que datent quelques-uns de ses meilleurs morceaux : la Réunion des génies des arts (1751), du musée d’Angers, où, malgré l’abondance et le fourmillement des formes, la main reste maîtresse d’elle-même et conduit la composition dans un harmonieux équilibre; Y Apollon avec une bergère , du musée de Tours (1750), provenant du château de Chanteloup, et où l’on a voulu assez arbitrairement reconnaître des portraits déguisés de M. de Stainville et de sa jeune femme; enfin, un tableau appartenant à M. Belle (de Tours), exposé d’abord sous le titre de Y Evanouissement d’Amphitrite 1 , et où M. Mantz a reconnu Latone dans Vile de Délos , — « un des plus beaux Boucher » qu’il ait vus. « Entre les débuts de Boucher, où le souvenir de Lemoyne est trop présent, et le soir qui sera fiévreux et maladif, c’est le moment du midi clair et relativement tranquille. » — Nous avons suivi, depuiis la Vénus de Fontainebleau jusqu’à cette page lumineuse, cette veine claire, fine, exquise, où les ors très doux, les satins argentés, les tons de perle, les blonds ambrés près des bleus pâles, jouent au bout du pinceau de Boucher et sur les corps nus de ces déesses; — elle ne devait plus durer longtemps.
1. Voir un article de M. A. Darcel. [Galette des Beaux-Arts, 1873, 2 0 période, t. VIII, 238.)