Arch. nat., (J1 2, i
2. Abel Poisson ne prit qu’en 1754 le titre île marquis de Marigny. Nous adoptons des à présent ce nom, sous lequel il est plus généralement connu.
LES ARTISTES CELEBRES
« Votre Majesté est suppliée de l’accorder au S. Boucher, l’un des peintres de son Académie, qui s’est toujours distingué dans son art et dans les travaux que V. M. lui a confiés L »
Plus peut-être que les pensions royales — dont le payement se faisait trop souvent attendre — les ateliers et logements du Louvre étaient avidement recherchés. Si Boucher n’avait pas encore obtenu celte faveur, ce n’était pas faute assurément de l’avoir désirée et demandée; sa candidature était posée depuis plusieurs années et quelques-uns de ses amis l’avaient même appuyée de leurs démarches et de leur crédit. Dès le 4 mars 1746, peu de jours après la mort de Goustou (20 février), Bachelier, premier valet de chambre du roi, qui venait de vendre à Mme de Pontpadour le petit château de la Celle, écrivait au directeur général pour lui rappeler « la prière qu’il eut l’honneur de lui adresser en faveur du S. Boucher, peintre, pour le premier logement vacant aux galeries du Louvre - ». De son côté, Piron, toujours prêt à mettre sa plume primesautière au service d’un ami, se chargeait, au retour de quelque bonne partie chez Favart ou chez Monet, de rédiger, pour le compte de Boucher, la requête suivante « au sage et vigilant majordome, M. de Tournéant » :
Coustou, qui donnait à la pierre Et la vie et le sentiment,
Vient de quitter le logement Dont le roi l’honorait sur terre,
Pour passer vraisemblablement Dans le céleste appartement Qu’aux gens de bien ouvre saint Pierre,
Le Tournéant du firmament.
Ce petit déménagement Dans le coin d’un vaste édifice Laisse vacant un bénéfice A votre nomination.
1. Arch. nat., O', inp. Voici le texte du brevet de pension (Arch. nat., O1 2, 1270) :
« Nous certifions que S. M. connaissant les talents que possède dans Part de la
peinture le S. François Boucher, l’un de ses peintres d’histoire et professeur de son Académie royale de peinture et sculpture à Paris, qu'il a porté à un très haut degré, ayant égard à ses services et voulant le traiter favorablement et lui donner de nouvelles marques de sa satisfaction, lui a accordé la pension de mille livres dont jouissait feu M. de Troy, ancien directeur de l’Académie de peinture, sculpture et architecture établie à Rome, pour jouir de ladite pension par mondit sieur Boucher, de laquelle il sera annuellement fait fonds sur les états des bâtiments de S. M. au chapitre des pensions des peintres du Roy et de son Académie. »