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Arch. nat. O

Tableau de F. Bouclier. — (Ancienne collection du prince Anatole DémidolT de San Donato.)

02 LES ARTISTES CÉLÈBRES

On retrouve ces amours, joie de l’œuvre de Boucher, dans les quatre médaillons marouflés autour de ce plafond central. Un cinquième, dans la même salle, près de la fenêtre, représentant aussi des Amours , est de la main de Lagrenée. Cette peinture délavée, maigre et fade, fait mieux apprécier l’abondance lumineuse et la verve entraînante de l’autre.

C’est par cet entrain et cette joie de son pinceau qu’il nous fait accepter sans résistance les thèmes conventionnels dont il s’inspire, la fadeur de plus d’un détail, le type commun et pour tout dire hêtat de son Apollon. Il faut l’avouer, ce n’est pas par les parties les plus hautes que l’aimable peintre nous prend. Mais comment lui tenir rigueur quand une fois on s’est laissé charmer?

L’histoire d’Apollon était pleine d’intérêt pour Boucher. En même que les Quati'e Saisons destinées à aller rejoindre dans la salle du conseil de Fontainebleau le Soleil qui commence son cours , on voyait au Salon de 1753 deux grands tableaux en hauteur, de ii pieds sur 9 de large, représentant l’un le Lever , l’autre le Coucher du soleil , qui devaient être exécutés en tapisserie à la manufacture des Gobelins, par Cozette et Audran. Ils se trouvaient même depuis quelque temps déjà entre les mains des artistes des Gobelins, car, au mois de juillet, Lépicié écrit au directeur général : « J’ai donné ordre au sr Cozette de remettre au sr Boucher les deux tableaux représentant le Lever et le Coucher du soleil , que vous souhaitez voir au Salon dont vous avez déterminé l’ouverture pour le 18 août prochain1. » On sait l’histoire de ces tableaux célèbres; achetés par Mme de Pompadour, ils furent adjugés à sa vente (1766) au prix de 9,800 livres, et passèrent chez M. de Saincy; ils font aujourd’hui partie de la collection de Sir Richard Wallace; on a pu les revoir à Paris, en 18602.

Au Salon de 1753, ils excitèrent un véritable enthousiasme. L’abbé Leblanc 3 ne « pouvait se lasser » d’admirer; une des Néréides qui font cortège au dieu l’avait surtout séduit. « On ne sait, s’écriait-il, où

M. Boucher trouve les modèles de ce genre de beauté! La touche du

pinceau toujours variée fait sentir la force des Tritons et la délicatesse

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