FRANCE. — PEINTRES
FRANÇOIS DOUCHER
LES ARTISTES CELEBRES
semaine-là, avoir grand besoin d’argent. Un tableau, dont nous n’avons plus que la gravure par G. Scotin (représentant Notre-Dame des Victoires , « patronne de l’église des Augustins déchaussés de Paris, fondée par Louis XIII, en action de grâce de victoires remportées sur les ennemis de la foi) », paraît être à peu près de la meme époque. L’article de piété ne devait être jamais son fort.
Derrière la boutique de la rue Saint-Jacques, il y avait, chez le père Cars, un atelier de gravure où Boucher dut s’exercer de bonne heure, à côté de son ami Laurent, puisque, vers 1725, M. de Julienne, voulant préparer la publication de Y Œuvre d'Antoine Watteau gravé d'après les tableaux et dessins originaux tirés du cabinet du Roy et des plus curieux de l'Europe , pensa à s’assurer le concours du jeune artiste. Il lui confia, d’après Baudicour1, cent vingt-cinq morceaux, dont cent quatre dessins faisaient partie des Figures de différents caractères de paysages et d'études. C’était pour Boucher une insigne bonne fortune d’être ainsi convié à l’intimité du maître le mieux fait pour développer et affiner son talent dans le sens de ses tendances naturelles. Il se mit à l’œuvre avec entrain et réussit d’emblée. « Sa pointe légère et spirituelle, écrit Mariette, semblait faite pour ce travail. M. de Julienne lui donnait 24 livres par jour et tous deux étaient contents, car Boucher était fort expéditif et les gravures n’étaient pour lui qu’un jeu. » Il prit là quelques leçons dont nous retrouverons bientôt dans son œuvre la trace bienfaisante.
« C’est à ces différents travaux et à l’étude de la nature et des règles de son art que Boucher employa les quatre années que les élèves couronnés passent à l’Ecole du Louvre », écrivait un peu au hasard le biographe de la Galerie française ; et il ajoutait : « En 1727, il partit
pour Rome » On a cru pouvoir en conclure qu’il fut envoyé comme
pensionnaire à l’Académie de France, et même qu’il fut, grâce à son