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Le Peintre-Graveur français continué, II, p

A part ces cent vingt-cinq planches et le Livre d'études d’après Bloemaert, qui parut en 1735, Baudicour attribue à Boucher quarante-quatre eaux-fortes d’après ses œuvres propres. Ces gravures, peu recherchées des amateurs, se rencontrent très rarement. On trouve encore quelques croquis de femmes, de vieillards et d’enfants sur une même feuille, une Andromède, achevée par Aveline; les Petits Savoyards; V Amour oiseleur; les Petits Buveurs de lait; Vénus et Cupidon ; les Grâces au tombeau de Watteau; la Blanchisseuse (17554 la Petite Reposée (1736); une Bergère assise (1756). Toutes ces planches ont le caractère de croquis, d’improvisations légères, claires, blondes, enlevées du bout de la pointe, en se jouant.

FRANÇOIS BOUCHER

premier prix de peinture, et en attendant son départ, pensionné en qualité d’ « élève protégé ». C’est une double erreur. L’Ecole royale des élèves protégés ne fut créée qu’en 1749; quant au voyage d’Italie, ce n’est pas aux frais du roi que Boucher l’exécuta. Plusieurs versions, également difficiles à contrôler, ont circulé à ce sujet. Nous savons seulement qu’il se mit en route avec Carie Van Loo et ses deux neveux, François et Louis; qu’en juin 1728 il était arrivé à Rome, où Wleughels, directeur de l’Académie, qui le jugeait « un garçon simple et de beaucoup de mérite », le « fourrait dans un petit trou de chambre, presque hors de la maison ' ». C’était une hospitalité gracieuse, souvent offerte à de jeunes artistes français et même étrangers, qui n’avaient pourtant ni le titre ni les privilèges des pensionnaires.

On sait peu de chose des occupations de Boucher pendant ce séjour. Du Rozoir2, toujours amer, mais d’ailleurs très mal informé, affirme qu’il ne « comprit rien aux chefs-d’œuvre des grands maîtres italiens », que « Raphaël lui semblait fade, Carrache sombre, Michel-Ange bossu ». Mariette reconnaît simplement qu’il « lit le voyage d’Italie plutôt pour satisfaire sa curiosité que pour en tirer profit. Aussi n’y séjourna-t-il pas longtemps. » Il est bien permis de supposer, sans le calomnier, que, s’il fit ses dévotions au Vatican, il ne s’y attarda pas. Peut-être même imita-t-il Ricci, « qui, étant venu à Rome et s’étant mis à étudier d’après les fresques de Raphaël, demanda à retourner promptement à Venise, disant que la manière de ce grand homme était capable de corrompre la sienne ». Pensée moins arrogante et moins impie qu’on ne croirait peut-être. L’art n’a rien à gagner aux pastiches médiocres et stériles des maîtres qu’on ne recommence pas : mieux vaut une franche hérésie.

On aimerait pourtant à suivre Boucher pendant ces années de voyage, à retrouver quelques traces de ses impressions d’art. S’arrêta-t-il à Parme devant le plafond du Corrège ? Poussa-t-il jusqu’il Venise? Alla-t-il voir Véronèse chez lui ? On rêverait volontiers pour lui de ces rencontres charmantes et fécondes; mais il faut se résoudre à savoir ignorer. Il connut du moins Tiepolo; une affinité naturelle dut le pousser vers ce grand improvisateur, trop décrié, et nous trouverons, dans ses collections, une suite significative de dessins du maître vénitien. I 11e

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