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LA MUSE CLIO

Tableau de F. Boucher; gravure de J. Daullé, reproduite d'après une e'preuve de la collection de M. Henri Lacroix.

LES ARTISTES CELEBRES

de 1757 passé de la galerie de M. Henri Didier dans celle de M. de Rothschild, un autre portrait non signé, provenant de la vente Veron et que Thoré décrivait ainsi : « La gracieuse femme en robe de soie orange est debout devant un chevalet, la main appuyée sur un carton à dessins. C’est l’artiste sans façon, l’amie de Boucher et de Coustou, qui posait ce jour-là. » Dans le tableau de 1757, c’est encore l’artiste, car on voit à ses pieds, comme dans le pastel de La Tour, des portefeuilles, des rouleaux de musique, un porte-crayon armé de sanguine et une pointe de graveur ; mais c’est aussi la femme d’Etat, car, sur un bureau en bois de rose placé près d’elle, le peintre a mis un pli cacheté, une plume trempée dans l’encrier, un portefeuille de ministre, et, près d’un in-folio à ses armes, une fleur oubliée. Elle est assise, accoudée sur une chaise longue; la main droite tient négligemment un livre ouvert qu’elle ne lit plus ; son visage garde une expression indécise entre la rêverie et la réflexion. Une glace, entre deux longs rideaux retombants à grands plis, reflète, derrière elle, sa bibliothèque et sa pendule où des amours comptent les heures. Près de ses pieds, chaussés de Anes mules, sortant de la robe bleue falbalassée, un chien à poil soyeux — chien de petite maîtresse — est accroupi.

D'après une note de Falconet, publiée dans la Revue universelle des Arts, Roslin aurait peint l’ajustement de dentelles de la robe.

Ce portrait célèbre fut naturellement très fêté par les amis de Boucher et de la Pompadour. Le Mercure y vantait cet aimable sourire de l’âme qui annonce ou le bien qu’on vient de faire, ou les choses

obligeantes qu’on va dire » Dans l’assemblage pittoresque de toutes

ces parties, l’accord harmonieux des détails, il reconnaissait la main d'un « peintre d’histoire ». L’article parut avant l’ouverture du Salon, au moment où le portrait, après avoir suivi la marquise de résidence en résidence, venait d’être rapporté par les soins de Lazare Duvaux, de Versailles à Paris, dans l’atelier du peintre h

Au Salon, les critiques reprirent leurs droits; Grimm2 le déclare « détestable pour la couleur et si surchargé d’ornements, de pompons et de toutes sortes de fanfreluches, qu'il doit faire mal aux yeux de tous les gens de goût ».

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