‹ F. BoucherChapitre 51 sur 67 · Le Livre- Journal de Lazare Duvaux, rr octobre 1 7 5 6 r · texte numérisé non relu

Le Livre- Journal de Lazare Duvaux, rr octobre 1 7 5 6 r

■1. Correspondance littéraire, t. III, p. 432.

FRANÇOIS BOUCHER ur

Le portrait a reparu en 1 883 , à l’Exposition de l’art au xvmc siècle, de la galerie G. Petit, — et c’est principalement au point de vue historique qu’il nous a paru mériter sa grande réputation L

En somme, le portrait n’était pas l’affaire de Boucher : ce n’est pas la figure qui l’intéressait le plus dans un corps d’homme et surtout de femme; il n’avait, dans l’esprit pas plus que dans la main, aucune des grandes qualités qui font les bons portraitistes.

Il n'était certes pas fait davantage pour la peinture religieuse; mais elle fournissait après tout une riche matière, s’expédiait aussi lestement qu’une pastorale, et le public n'était pas exigeant sur ce chapitre. Après l’avoir pendant assez longtemps délaissée, il s'y était remis depuis que la Pompadour avait voulu un tableau d’autel pour la chapelle de Bellevue, et, tout en s’occupant des illustrations du Décaméron (1737; gravées par Flipart et Lemire), il peignait le Repos en Egypte , du musée de Y Ermitage, et Y Enfant Jésus avec saint Jean-Baptiste à genoux, du musée des Offices (1758). Au Salon de 1759, il envoyait une Vierge d'après le Mercure ou une Nativité d’après Diderot, qui mit en frais de littérature les critiques du temps. C'était Marmontel qui faisait celte année-là le Salon au Mercure, et il nous a confié dans ses Mémoires -, qu’il l’écrivit « sous la dictée de Cochin », avec le désir de donner « le modèle d’une critique saine et douce », également soucieuse de ne pas tromper le public et de contenter les artistes. Il loua fort « l’invention du sujet..., mais surtout cette harmonie si rare dans la peinture au moyen de laquelle, malgré l’éclat et la vivacité des couleurs, le tout ensemble est doux sans mollesse et vigoureux sans dureté... Quelques censeurs austères ont trouvé que la tète de la Vierge se ressent

1. Boucher a aussi composé, avec une belle fougue de crayonnage à la pierre

noire rehaussé de blanc, un « encadrement allégorique » pour un portrait de M"1 * * * * * * * * 10 de

Pompadour. On cite encore de lui ou on lui attribue : un portrait d’enfant, de la galerie Charles Pillet (1740); le portrait du maréchal de Losvcndal, gravé par de

I.armcssin, qui semble l’avoir légèrement accentué; un de Marie Leckzinska; de M"” Favart, coiffée de rubans roses et de myosotis (ancienne collection Walfrcdin) ;

le numéro 1 (33 de la galerie La Gaze, qui ressemble assez à un médiocre Nattier; un dessin à la pierre noire d’après M"° Rivière, de l’Opéra; un portrait d’homme tenant

un violon, de la vente Cypierrc; enfin, une composition peinte à l’huile, en grisaille

sur papier, où il s’est représenté visité dans son atelier par Vénus et les Amours.

Dans la collection de ses dessins, quelques études sont peut-être des portraits; ainsi,

Mademoiselle A’"* en habit d’été et les tètes pastellées pour le Cabinet des Beautés.

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